Balades & ItinérairesAuxerre, la vigneronne et ses villages "vineux" ! 8 04 2007 - 01:18 - Monica
Amis touristes qui passez chez nous, l’espace d’un week-end, savez-vous qu’Auxerre, (ville d’art et d’histoire nichée au coeur d’un vignoble !) a toujours su chanter la divine bouteille et ce, sur tous les tons ?
A l’orée de la ville, un petit bout de campagne, à gauche : le Clos de la Chaînette, vous le rappelle : nous sommes bien au pays du vin ! Ce vignoble, l’un des plus anciens de la région, (six hectares), installé dans l’enceinte de l’hôpital psychiatrique, vous en apporte la preuve. C’est le seul vignoble, parmi ceux qui jadis ceinturaient la ville, qui ait survécu au maudit phylloxera qui ravagea la vigne de toute la région, au XIX e siècle ! Et il donne un vin excellent, rare et très recherché.
![]() Un petit mot d’Auxerre et du vin !
Vous savez que tous les ans au printemps, le 21 mai, Auxerre fête les vignerons de sa région, au cours d’une fête “Fleur de vigne” où chaque visiteur peut, pour 5 euros, goûter à tous les vins environnants, en une seule journée ! C’est que la ville a une tradition vigneronne ! comme l’attestent ces photos, prises dans la région, au bon vieux temps d’avant !
Un vignoble en renaissance Jadis, le vignoble, tel un vert et ondulantt océan, faisait couler un sang gouleyant et vermeille dans nombre de caves, dont celle de votre Monica. C’est que les Auxerrois à l’époque, quand ils n’étaient pas mariniers, tisserands, notaires, marchands ou chanoines… étaient vignerons ! Un certain Caylus, au temps du jansénisme, se plaignait un jour des Auxerrois, parce que ses chanoines et les bourgeois d’Auxerre étaient gens sans science, qui ne savaient parler que de leurs vignes et de la vente de leurs vins ! Jusqu’à un chanoine d’Auxerre qui déclara, (en pleine chaire !) : nous sommes de vieilles futailles mal reliées, que le vin de la sagesse ferait rompre, si nous le laissions bouillir par une dévotion continuelle au service divin !![]() ![]()
Vous voyez, à Auxerre, on est bien bourguignons ! Et les vignes ne sont pas loin, même si le phylloxera, au 19 e siècle, les a fait reculer. Il suffit pour s’en convaincre, de monter vers Saint-Bris, par la petite route de Quenne, pour découvrir une perspective vallonnée, couverte de vignes et de cerisiers. En avril, lorsqu’ils fleurissent, c’est magnifique, mais en automne, c’est carrément somptueux ! Les côteaux de Saint Bris donnent un vin blanc léger, spirituel et joyeux. Le bourg lui-même, avec son église Renaissance et ses anciennes maisons de pierre, ornées de sculptures, vaut le déplacement. D’autres villages vignerons, et des chansons… On ne connaît plus l’air, mais les paroles de ces chansons nous sont restées, qui nous montrent qu’on savait bien boire dans la région, aux bons vieux temps des rois : “Auxerre, Irancy, Coulanges, Vous en voulez une autre, écrite par un Normand ? “Le royaume des pots est au pays d’Aucerre, ______ Chitry, renommé pour son vin blanc (sauvignon), et Irancy, pour sa Palotte, ne sont effectivement pas loin, et tout à fait caractéristiques du vignoble auxerrois. Ce sont d’adorables villages aux toits de tuiles rouges, nichés au coeur de côteaux plantés de vignes et de cerisiers. Ils vous attendent : le bonheur est au vignoble, et dans la joie de laisser votre regard embrasser tous ces rangs de vignes opulentes et amoureusement taillées. Chitry Chitry, qui craignait au XIV e siècle, et avec raison, les gens de guerre et leurs pillages, avait pour offrir un refuge aux villageois, en cas d’attaque, fortifié son église. Il lui reste de cette époque un air féodal, avec un donjon circulaire hérissé de mâchicoulis. ![]() Irancy, Coulanges…
et un tout petit mot de Chablis
Irancy, imprévoyant ou trop confiant, n’avait pas cru devoir se mettre à l’abri derrière d’épaisses murailles. Bien mal lui en prit ! Trop faibles, celles-ci ne surent pas protéger les villageois des canons huguenots. Le village fut saccagé un 7 février 1568 de sinistre mémoire. Les villageois furent massacrés, l’église dévastée ! Horrible époque qui, heureusement, ne nous a laissé aucun souvenir. Même l’abbaye de St Germain possédait une vigne, au lieu-dit “Vaupaissant,” qui lui avait été concédée par Charles-le-Chauve, en 861. C’est le village natal de Soufflot, l’architecte du Panthéon ! Allez y faire un tour, c’est une jolie balade. Les caves d’Irancy recèlent un remarquable vin clairet rosé, un excellent ratafia rouge, qui se madérise en vieillissant, et de non moins bonnes bouteilles d’un excellent vin rouge. Les vignerons y sont accueillants et vous raconteront tout sur leurs vins et vignobles, n’hésitez pas à leur rendre visite et terminez votre itinéraire par Coulanges ! Car tous ces villages se tiennent dans un mouchoir de poche.
Je réserverai à Chablis, capitale du vignoble auxerrois, un de ces jours, un article entier, et la place qu’il mérite dans ce journal. Aussi, ne m’en voulez pas si aujourd’hui, nous ne faisons qu’y passser, sans nous y attarder. Ce gros bourg, et surtout, ses vignobles et son vin, méritent mieux qu’un petit paragraphe ! Sachez seulement que ce sont les moines de Saint Martin de Tours, chassés par les Normands, qui, en venant s’y réfugier, avec les reliques de leur Saint Patron, y plantèrent la vigne.
A bientôt, pour d’autres balades. Monica, le 8 04 2007 - 01:18 |
A l’orée de la ville, un petit bout de campagne, à gauche : le Clos de la Chaînette, vous le rappelle : nous sommes bien au pays du vin ! Ce vignoble, l’un des plus anciens de la région, (six hectares), installé dans l’enceinte de l’hôpital psychiatrique, vous en apporte la preuve. C’est le seul vignoble, parmi ceux qui jadis ceinturaient la ville, qui ait survécu au maudit phylloxera qui ravagea la vigne de toute la région, au XIX e siècle ! Et il donne un vin excellent, rare et très recherché.

Un petit mot d’Auxerre et du vin !
Vous savez que tous les ans au printemps, le 21 mai, Auxerre fête les vignerons de sa région, au cours d’une fête “Fleur de vigne” où chaque visiteur peut, pour 5 euros, goûter à tous les vins environnants, en une seule journée ! C’est que la ville a une tradition vigneronne !
comme l’attestent ces photos, prises dans la région, au bon vieux temps d’avant !
Jadis, le vignoble, tel un vert et ondulantt océan, faisait couler un sang gouleyant et vermeille dans nombre de caves, dont celle de votre Monica. C’est que les Auxerrois à l’époque, quand ils n’étaient pas mariniers, tisserands, notaires, marchands ou chanoines… étaient vignerons ! Un certain Caylus, au temps du jansénisme, se plaignait un jour des Auxerrois, parce que ses chanoines et les bourgeois d’Auxerre étaient gens sans science, qui ne savaient parler que de leurs vignes et de la vente de leurs vins ! Jusqu’à un chanoine d’Auxerre qui déclara, (en pleine chaire !) : nous sommes de vieilles futailles mal reliées, que le vin de la sagesse ferait rompre, si nous le laissions bouillir par une dévotion continuelle au service divin !



Irancy, Coulanges…
et un tout petit mot de Chablis
Les caves d’Irancy recèlent un remarquable vin clairet rosé, un excellent ratafia rouge, qui se madérise en vieillissant, et de non moins bonnes bouteilles d’un excellent vin rouge. Les vignerons y sont accueillants et vous raconteront tout sur leurs vins et vignobles, n’hésitez pas à leur rendre visite et terminez votre itinéraire par Coulanges ! Car tous ces villages se tiennent dans un mouchoir de poche.
Je réserverai à Chablis, capitale du vignoble auxerrois, un de ces jours, un article entier, et la place qu’il mérite dans ce journal. Aussi, ne m’en voulez pas si aujourd’hui, nous ne faisons qu’y passser, sans nous y attarder. Ce gros bourg, et surtout, ses vignobles et son vin, méritent mieux qu’un petit paragraphe ! Sachez seulement que ce sont les moines de Saint Martin de Tours, chassés par les Normands, qui, en venant s’y réfugier, avec les reliques de leur Saint Patron, y plantèrent la vigne.




