Grands Personnages HistoriquesHonneur à Vauban !10 05 2007 - 15:59 - monica
“La guerre a pour père, l’intérêt, pour mère, l’ambition, et pour proches parents, toutes les passions qui nous conduisent au mal. Elle a paru en ce monde aussi tôt que les premiers hommes…” (Vauban. Extrait des Oisivetés – 1697) La France et la Bourgogne fêtent actuellement le tricentenaire de la mort de Vauban, extraordinaire ingénieur militaire, arpenteur du roi, et véritable génie maritime, économe de la vie des hommes. Ce grand bâtisseur, mais petit par la taille, à la réputation féroce mais doux et compatissant, est né chez nous et nous en sommes fiers ! Il nous a légué un patrimoine extraordinaire de quelques 151 places fortes, fortifications et citadelles, formant autant de remparts : une véritable ceinture de pierre et de fer qui a protégé la France, durant un siècle et demi. L’histoire de sa vie vous intéresse, c’est par ici !
Sébastien Le Presle de Vauban est né en mai 1663, dans un petit village de l’Yonne, à Saint-Léger-de Faucherets, devenu en son honneur “Saint-Léger-Vauban”. Sa famille était de petite noblesse, des hobereaux exerçant tous des métiers militaires, qui venaient d’Auvergne, et qui s’étaient installés dans le Morvan, un siècle auparavant. Son père avait servi le Prince de Condé, comme simple écuyer. 1651 : il a dix-huit ans. Militaire, alors qu’il sert le Grand Condé, allié aux espagnols, le voilà affecté aux travaux de la forteresse de Clermont-en Argonne. (Ci contre, portrait du prince de Condé, vainqueur de Rocroy, (1621-1686) peint par David Téniers le Jeune. Musée Condé de Chantilly).
Fait prisonnier, il risque sa vie et se rallie au roi. Mazarin remarque la bravoure du jeune Vauban et l’envoie derechef assiéger Sainte Menehould. La place capitule et Louis XIV remarque à son tour le jeune homme. Bien d’autres places tomberont sous son commandement.
1662 : Sous les ordres de Louvois et Colbert, Vauban se voit confié par le roi le soin de détruire les fortifications de Nancy.
1665 : Vauban est nommé ingénieur. Ci-contre, à droite, portrait de Colbert. 1667 : Vauban a fait le siège de Lille. La ville tombe et Louvois, secrétaire d’Etat à la guerre, le charge de construire la nouvelle citadelle, dont il sera nommé gouverneur, l’année suivante. Vauban devient lieutenant des gardes françaises. C’est à Lille que le nouvel ingénieur va, pour la première fois, pouvoir exprimer son génie. Il dessine un pentagone régulier. Chaque angle est occupé par un bastion armé. Un modèle de citadelle, qu’il s’employa plus tard à améliorer.
1673 : le roi le remarque lors au siège de Maastricht, lors de la guerre contre la Hollande et le gratifie d’une somme qui lui permettra d’acheter le château de Bazoches. A droite, le château de Bazoches, sa propriétaire est une descendante de la fille aînée de Vauban ! 1678 : Vauban accède à la charge de “Commissaire général des fortifications.”Désormais, il ne cessera de parcourir la France en chaise à porteur, mue par des chevaux, il y travaille ainsi confortablement, pour construire sa ceinture de fer, soit 151 places de guerre, forts et villes fortifiées. Dont Graveline, et tout une série de fortifications, érigées de la mer du Nord à la Meuse, Saint Malo, la fierté des Corsaires, l’imposante citadelle de Besançon, Mont-Louis la catalane, et tant d’autres… A l’époque, un adage circulait qui disait : “fortifiée par Vauban, la ville est imprenable, mais qu’il l’assiège, et elle est prise !” 1681 : sa famille emménage à Bazoches. Vauban rachète le château qui avait appartenu à sa grand-mère. Mais, hormis pendant l’année 1690, où il se remet d’une bronchite, il n’y fera que de courts séjours d’une vingtaine de jours par an, entre 1691 et 1705. 1698 : c’est à Neuf-Brisach en Alsace, qu’il développe l’octogone parfait.
1700 : Vauban agace Louis XIV avec ses idées réformatrices. D’abord, il signale au roi que l’exil des Huguenots ne fait qu’appauvrir la France, puis Il prône et publie sans autorisation, un nouvel impôt sur les biens qui produisent des revenus et la suppression des privilèges fiscaux. 1703 : Il accède enfin au rang de maréchal de France, couronnement de sa carrière, mais hélas, cette promotion achèvera de le mettre à l’écart. Les militaires appartiennent maintenant à une autre génération et ne font plus appel à lui que de temps en temps. Les différents chantiers de Vauban se terminent. Mais l’argent se fait rare et Louis XIV se fait vieux. De plus, la France étant ruinée par d’incessants conflits, il doit resserrer les cordons de sa bourse et demande à Vauban, si les murailles de Besançon, par hasard, ne seraient pas construites en or !
1707 : Vauban meurt le 30 mars d’une mauvaise fièvre. Sa dépouille est rapatriée à Bazoches où il est inhumé. Son coeur, enfermé dans une urne, est déposé à la chapelle du château.
1808 : Transfert du coeur de Vauban aux Invalides, à la demande de…Napoléon 1er ! Qui l’accompagne en grande pompe. L’urne est placée dans un mausolée de marbre, face à celui de Turenne. L’homme qui avait prédit qu’il ne laisserait de lui à la France ” qu’un peu d’encens pour la postérité” nous a légué le souvenir d’un grand bâtisseur, mais aussi, celui d’un homme de bien, avec une valeur, disait Saint -Simon, “qui prenait tout sur soi, et donnait tout aux autres.” L’époque*1638 : naissance de Louis XIV *1643 : Anne d’Autriche (sa mère) est régente et dirige le royaume avec Mazarin. *1667 : Mazarin meurt, Louis XIV hérite d’un royaume puissant mais d’un peuple miséreux. *1667 : La France en guerre contre l’Espagne, récupère 12 places fortes situées en Flandres, dont Lille. *1672-1679 : La France et en guerre contre la Hollande, et Louis XIV annexe la Franche -Comté, et des villes du Hainaut, de Flandres et d’Artois. *1679-1684 : Louis XIV annexe l’Alsace et quelques villes du Luxembourg. *1685 : Révocation de l’Edit de Nantes, lequel chasse quelques 300 000 protestants de France. *1688 : Louis XIV est en conflit avec toute l’Europe et la France manque d’être envahie. *1715 : Louis XIV meurt et laisse un pays ruiné et revenu à ses frontières d’avant 1697 ! La France se souvient Les fêtes du tricentenaire de la naissance de Vauban, nous permettent de redécouvrir l’immense oeuvre laissée par ce grand bâtisseur, ingénieur militaire et l’un de nos plus illustres maréchaux ! Il a hérissé la France de places-fortes, citadelles, villes fortifiées, protégeant le royaume sur toutes ses frontières, terrestres ou maritimes. Des fortifications qui font aujourd’hui encore l’admiration de tous. Mais Vauban ne fut pas seulement un homme de guerre victorieux, qui fit tomber de nombreuses cités, un bâtisseur de génie et un ingénieur talentueux, il fut aussi un urbaniste, un économiste, un financier, un moraliste et philosophe éclairé, très en avance sur son temps. La controverse qu’a suscité l’érection de sa statue à l’entrée de la citadelle de Besançon, est sur ce point parfaitement ridicule. Surtout de la part d’une ville qui sut faire de sa Citadelle un haut lieu de la culture locale et qui souhaite être retenu pour faire partie des vestiges du patrimoine mondial, témoins du génie du grand homme ! Le réseau des sites majeurs de Vauban Une association oeuvre actuellement, pour faire inscrire l’oeuvre du grand homme sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco. Les sites choisis seront les plus représentatifs, ceux qui illustreront le mieux, toutes les facettes de son génie. Les critères de sélection seront : l’intérêt scientifique, l’état de conservation, l’authenticité. La décision finale sera prise en 2008. On peut retrouver les ouvrages en compétition sur le site Vauban, ou l’art de fortifier… Dès les XV ème siècle, l’évolution des armes nécessite d’adapter la défense. Sans l’avoir inventé, Vauban perfectionne l’art de la fortification. Personne ne le surpassera. Vocabulaire : -Bastion : ouvrage pentagonal, construit en saillie sur une enceinte qui forme une sorte de flèche en pierre.
-L’échauguette est une tourelle ronde, dotée de meurtrières, dévolue au guêt ou au combat. Elle est construite sur un l’angle le plus saillant du bastion.
-Courtine : pan de mur, compris entre deux bastions.
-La demi-lune est une fortification détachée de la citadelle comme une presqu’île. Située en face de la courtine, elle la protège. Entourée d’un fossé rempli ou non d’eau, elle est reliée à la citadelle par un pont dormant, sur lequel vient reposer un pont-levis. Un autre pont la relie au glacis.
-L’escarpe est la paroi maçonnée du bastion, côté du fossé.
-La contre-escarpe est la paroi qui lui fait face, côté glacis.
-Le glacis : plan de terre incliné et recouvert d’herbe, qui entoure la citadelle.
-Chemin couvert : c’est le chemin qui serpente entre l’escarpe et la contre-escarpe. Il est souvent protégé par le parapet du glacis.
Mais la citadelle comporte aussi des portes monumentales, souvent magnifiquement ornées, vaste église, arsenal, poudrières, casernes, puits, citernes, cuisines, boulangeries, dortoirs, etc… Une chaîne de 13 citadelles Commençons par le Nord qui se situe à midi. Nous tournerons ensuite dans le sens des aiguilles d’une montre, passant en revue les 13 citadelles, que Vauban a égrenées sur nos frontières terrestres ou maritimes. Nous avons donc à midi : Arras, puis à 14 h (1668-1672), Longwy, à 15 h, (1679), Neuf-Brisach, à 16 h, Besançon, 17 h Briançon, 17h 15, Mont-Dauphin, 18 h, Villefranche -de -Conflent, 18h 05, Mont-Louis, 19h30 Blay, 19h40, Saint-Martin-de Ré, 20 h, Belle-Ile-en-Mer, 21h, Camaret, 22 h, Saint-Vaast-la-Hougue. Le Nord et l’Est -Le Pré-Carré En Artois et dans les Flandres, une double ligne de forteresses, appelée le “Pré-carré”, relie la mer à la Meuse. Vauban fortifie : Dunkerque, Gravelines, Calais, Montreuil, Aire-sur-la-Lys, Béthune, Arras, Douai, Cambrai, Tournai, Valenciennes, Le Quesnoy, Maubeuge, Luxembourg, Charleroi, Verdun, Rocroy, Metz, Longwy, (1679), Sarrelouis, Bitche, Marsal, Nancy, Toul. -Gravelines, Sentinelle de la côte d’Opale, Gravelines fait partie de ce fameux Pré-carré, destiné à protéger le nord est de la France. Aujourd’hui, la citadelle et les remparts offrent du travail aux Gravelinois et sont devenus un “moteur économique”, source de liens sociaux. Des bénévoles “les Troubadours de Gravelines” s’occupent à monter un son et lumières, “Vauban, aux portes de la cité”, qui donnera sa première représentation en août prochain. Des profondeurs des douves au sommet des tours, le grand homme continue à inspirer la cité et à la faire vivre. A visiter : le magnifique four à pain, magnifiquement restauré.. Un infatigable voyageur ! Un jour que Louvois le presse de se dépêcher, alors que Vauban parcourt souvent 1000 kilomètres par mois, à cheval et sur des routes défoncées, et qu’il est constamment par monts et par vaux, donnant ses ordres, s’arrêtant sur une forteresse en construction, puis passant à la suivante, Vauban lui répond : “Vous entendez bien, Monseigneur, que plus vous m’écrirez, plus vous me retarderez !” Un autre jour, alors que le même Louvois l’envoie du Nord au Sud de la France, et le presse de retourner dans le Hainaut, après avoir viisité Perpignan, (on n’avait pas encore inventé le TGV !), il lui écrit : “Vous comprendrez bien, Monsieur Vauban, qu’il ne faut pas que vous songiez à mettre les pieds chez vous ! (On est loin des trente-cinq heures et des RTT !) Franche-Comté -Besançon :
La citadelle de Besançon, bâtie sur le Mont Saint Etienne, dans une boucle du Doubs, fut édifiée entre 1668 et 1711. La citadelle appartient aujourd’hui à la ville de Besançon qui l’a rachetée à l’armée en 1958, en fort piteux état. Réhabilitée, elle est devenue un lieu de culture et de loisirs.
1668 – Louis XIV annexe la Franche-Comté. Vauban doit concevoir le tracé d’une nouvelle place qui, par la magie d’un traité de paix, repassera à l’Espagne. Louis XIV la récupérera en 1674, lors de la seconde conquête de la région, grâce à un siège de 6 jours, mené par Vauban en personne. Ce siège lui permit d’identidier les points faibles de la citadelle et d’y remédier. Infatigable, Vauban surveillera l’avancement des travaux et y ajoutera de nouvelles structures défensives, tenailles, demi-lunes, tours bastionnées… Pour le grand homme, Besançon devait devenir un fleuron : la plus belle citadelle du royaume ! Vauban construira aussi celles de Joux, Dole, Salins, Belfort, où il construira deux ensembles fortifiés, le château sur la roche, et la fortification de la ville, entourée d’un puissant pentagone, renforcé à chaque angle par des tours bastionnées. Les travaux de Belfort dureront 20 ans ! Les Alpes et Briançon, (Hautes-Alpes) ! La citadelle domine la ville, elle-même ceinturée de puissantes murailles. Vauban y séjournera pour la dernière fois, en 1700. L’aspect actuel des fortifications est sensiblement celui de Vauban. D’autres forts à visiter : Barraux, Exiles, Fenestrelle, le château de Queyras (Dauphiné), puis Grenoble, Briançon, Mont-Dauphin, et Embrun. Vauban inspecte Grenoble pour la 1ère fois en 1662 et propose l’aménagement du fort de la Bastille, surplombant la ville, puis il inspecte Pignerol, aujourd’hui italienne (Piémont), et s’arrête à Briançon. Il décrit ainsi la région : “Les montagnes touchent aux nues et les vallées descendent dans des abîmes” ! Mais ce qui l’enthousiame le plus, c’est le plateau de Mont-Dauphin, au confluent de la Durance et du Guil, où se dresse un promontoire rocheux. Pour cet emplacement idyllique, fait expres pour une place forte, Vauban jette sur le papier les plans de ce que deviendra la place de Mont Dauphin, ainsi nommée en l’honneur du fils du roi. Les Pyrénées Villefranche-de-Conflent, Mont-Louis En 1679, Vauban se rend en Roussillon dans le but d’étudier le tracé de la nouvelle frontière avec l’Espagne. Il fait halte à Bazoches, visite quelques places de Franche-Comté, remanie Toulon et au passage, critique sévèrement les défenses de Marseille, et arrive enfin en mai en Rousillon. Là, il fortifie Collioure et modernise Villefranche-de-Conflent, dont les fortifications datent du…moyenâge ! (On peut encore admirer l’enceinte fortifiée, dotée de herse, meurtrières, poternes, tours d’angle, archères, mâchicoulis, chemin de ronde, remparts, bastions, échaugeuttes… On ira aussi visiter le fort Liberia, en empruntant un escalier souterrain de 734 marches, conçu par Vauban mais réalisé par … Napoléon III ! -Mont Louis
Mais l’ objectif véritable de Vauban est de trouver le meilleur emplacement, pour construire une place forte susceptible de faire barrage aux Espagnols. La façade maritime Saint Malo, Saint Vaast-la Hougue, Saint Martin de Ré, Belle-Ile, Blaye, la tour Camaret, l’Ile de Talihou… -Belle-île
C’est en 1683, qu’il débarque à Belle Ile, dont la vieille citadelle du Palais, datant du 16 ème siècle, a si souvent été attaquée par les Anglais. Il fait élargir les fossés, renforcer les bastions. Cette très belle citadelle a été aujourd’hui réhabilitée. En mai, un hôtel restaurant ouvrira ses portes, installé dans les anciennes casernes. -Blaye
Il étudie deux ans plus tard. le cas de Blaye, (encore en bon état !) qui sur la rive droite de la Gironde, commande l’accès à Bordeaux. Son projet : côté terre, une triple enceinte défensive, côté estuaire, un fort sur la rive opposé, (fort Médoc), et une tour fortifiée (fort Paté) sur un îlot de l’estuaire. -Saint Malo Vauban arrive à Saint Malo en 1689. La ville avait déjà été fortifiée, (surtout pour se protéger de la couronne de France !) Vauban va s’attaquer à la défense de la baie, et rêver à la création d’un grand port pour la Royale. Mais la ville n’a pas envie de voir débarquer la soldatesque et fait la moue. Louis XIV est partagé entre l’envie de tenir les Anglais à distance, qui rêvent de prendre la cité corsaire, et son désir de ne pas offusquer les Malouins, dont il a besoin. Donc on coupe la poire en deux. Ok pour les 4 fortifications en mer, pour défendre la passe, (le Fort national, le petit Bé et Fort Harbourg, pour protéger l’embouchure de la Rance) et pour la Conchée, destinée à empêcher l’ennemi de mouiller dans la fosse maritime proche de la ville. Mais non pour le port. Vauban regrettera toute sa vie d’avoir dû abandonner ce projet qui ne verra le jour qu’au 19ème siècle ! La ville de Saint Malo ne portant pas Vauban en son coeur, ce sont des particuliers qui s’acharnent à sauver les vestiges de ces fortifications. Le Petit Bé, est en location pour 99 ans à un passionné (Tel. 06 08 27 51 20 – internet) et le fort de la Conchée, battu par les vagues, fut racheté pour 229 000 euros par une association de 20 amis qui, aujourd’hui, s’acharnent à le sauver de l’oubli. -Le Cotentin, Vauban estime le lieu d’une grande importance stratégique. Il fait construire deux forts interdisant le passage à toute flotte ennemie Le premier sur la presqu’ïle de la Hougue. La tour est devenue un sémaphore de la Marine nationale. Mais on peut visiter l’enceinte fortifiée. Le second fort a été érigé sur la petite île de Tatihou, accessible par bateau ou à pied, à marée basse. -La Bretagne Pour défendre Brest, contre les Anglo-Hollandais, en 1694, Vauban fait élever à Camaret, une tour polygonale qui domine le petit port, (à visiter : le four à boulet !) et la tour Dorée. Bien qu’inachevée, elle empêchera l’assaut des 147 vaisseaux de la coalition qui tentaient de débarquer ! L’Alsace Avec Neuf Brisach, Vauban signe son ultime chef d’oeuvre ! Il la réalisée à la fin de sa vie. Là est rassemblée la quintessence de l’art de la fortification. C’est l’unique exemple de ce que l’on a nommé “le 3ème système de Vauban” ! La visite commence sur la place d’Armes, devant la fontaine, par Vauban en personne, (incarné par le comédien Bernard Domart) qui raconte sa vie à la première personne. Le grand stratège vous révélera ses secrets de défense !
Nous sommes en 1697. Brisach, située de l’autre côté du Rhin vient d’être restituée à la France. Louis XIV confie à Vauban le soin de construire une nouvelle place forte inexpugnable, en face, sur l’autre rive du Rhin. Véritable rempart pour l’Alsace, cette nouvelle construction adoptera la forme d’une étoile à huit branches, posée sur la plaine. Mais cette place forte ne fut jamais assiégée. Les seuls dommages qu’elle a connus lui furent infligés durant la guerre de 1870 et la seconde guerre mondiale. Cependant, elle servit pendant les bombardements de 1944, où la population trouva refuge dans les tours bastionnées par Vauban. A visiter chez nous : La Maison Vauban Et bien sûr, le château de Bazoches A Paris : le musée des Plans -Reliefs A Saint-Léger-Vauban Et pour plus d’infos, sur internet , le 10 05 2007 - 15:59 |
1651 : il a dix-huit ans. Militaire, alors qu’il sert le Grand Condé, allié aux espagnols, le voilà affecté aux travaux de la forteresse de Clermont-en Argonne. (Ci contre, portrait du prince de Condé, vainqueur de Rocroy, (1621-1686) peint par David Téniers le Jeune. Musée Condé de Chantilly).
Fait prisonnier, il risque sa vie et se rallie au roi. Mazarin remarque la bravoure du jeune Vauban et l’envoie derechef assiéger Sainte Menehould. La place capitule et Louis XIV remarque à son tour le jeune homme. Bien d’autres places tomberont sous son commandement.
1662 : Sous les ordres de Louvois et Colbert, Vauban se voit confié par le roi le soin de détruire les fortifications de Nancy.
1667 : Vauban a fait le siège de Lille. La ville tombe et Louvois, secrétaire d’Etat à la guerre, le charge de construire la nouvelle citadelle, dont il sera nommé gouverneur, l’année suivante. Vauban devient lieutenant des gardes françaises. C’est à Lille que le nouvel ingénieur va, pour la première fois, pouvoir exprimer son génie. Il dessine un pentagone régulier. Chaque angle est occupé par un bastion armé. Un modèle de citadelle, qu’il s’employa plus tard à améliorer.

1698 : c’est à Neuf-Brisach en Alsace, qu’il développe l’octogone parfait.
Les différents chantiers de Vauban se terminent. Mais l’argent se fait rare et Louis XIV se fait vieux. De plus, la France étant ruinée par d’incessants conflits, il doit resserrer les cordons de sa bourse et demande à Vauban, si les murailles de Besançon, par hasard, ne seraient pas construites en or !

-Bastion : ouvrage pentagonal, construit en saillie sur une enceinte qui forme une sorte de flèche en pierre.
-L’échauguette est une tourelle ronde, dotée de meurtrières, dévolue au guêt ou au combat. Elle est construite sur un l’angle le plus saillant du bastion.
-Courtine : pan de mur, compris entre deux bastions.
-La demi-lune est une fortification détachée de la citadelle comme une presqu’île. Située en face de la courtine, elle la protège. Entourée d’un fossé rempli ou non d’eau, elle est reliée à la citadelle par un pont dormant, sur lequel vient reposer un pont-levis. Un autre pont la relie au glacis.
-L’escarpe est la paroi maçonnée du bastion, côté du fossé.
-La contre-escarpe est la paroi qui lui fait face, côté glacis.
-Le glacis : plan de terre incliné et recouvert d’herbe, qui entoure la citadelle.
-Chemin couvert : c’est le chemin qui serpente entre l’escarpe et la contre-escarpe. Il est souvent protégé par le parapet du glacis.
-Besançon :
La citadelle de Besançon, bâtie sur le Mont Saint Etienne, dans une boucle du Doubs, fut édifiée entre 1668 et 1711. La citadelle appartient aujourd’hui à la ville de Besançon qui l’a rachetée à l’armée en 1958, en fort piteux état. Réhabilitée, elle est devenue un lieu de culture et de loisirs.
-Mont Louis
-Belle-île
-Blaye
Avec Neuf Brisach, Vauban signe son ultime chef d’oeuvre ! Il la réalisée à la fin de sa vie. Là est rassemblée la quintessence de l’art de la fortification. C’est l’unique exemple de ce que l’on a nommé “le 3ème système de Vauban” ! La visite commence sur la place d’Armes, devant la fontaine, par Vauban en personne, (incarné par le comédien Bernard Domart) qui raconte sa vie à la première personne. Le grand stratège vous révélera ses secrets de défense !




