L'histoire du duché de Normandie (1)
30 01 2008 - 16:20 - monica
Après vous avoir raconté par le menu, l’histoire fameuse de Guillaume (dit le Conquérant !), j’ai voulu en savoir plus sur l’histoire de la Normandie, avant et après lui.
Je vous livre ici une histoire passionnante et vraiment fantastique, riche en rebondissements extraordinaires et hauts faits d’arme.
Un premier volet peint l’histoire du duché, jusqu’à Guillaume. Puis, je vous raconterai l’histoire épique s’il en est, du royaume anglo-normand, qui perdura une centaine d’années après Guillaume.
L’histoire de la Normandie
(De Robert Ier à Richard sans peur)
Elle plonge ses racines dans l’antique Neustrie, telle qu’elle fut définie dans le traité de Verdun de 843.
Puis, Charles III le Simple, qui souhaite mettre un terme aux invasions des Hommes du Nord, et à leurs exactions, qui ravageaient les campagnes, par le traité de Saint-Clair-sur-Epte du II Juillet 911, cède une partie de ce territoire, (la région comprise entre « l’Epte et la mer ».) à Rollon, chef des Vikings, qui faisait en vain, le siège de Chartres.
Il fut ensuite connu sous le nom de Robert Ier le Riche, (Robert étant le nom qu’il reçut à son baptême ). La Normandie lui fut offerte, à la condition qu’il s’engage à protéger désormais nos côtes, de toute nouvelle invasion de ces redoutables “hommes du nord”.
Le fief qui lui fut concédé couvrait approximativement les comtés ou évêchés de Rouen, Évreux et Lisieux. Ce qui correspond à l’actuelle Haute-Normandie, augmentée du Pays d’Auge. Environ 100 ans plus tard, cette concession deviendra le duché de Normandie.
Une longue suite de ducs
I) Robert 1er
Rollon, ou Robert Ier, raconte la légende, était un géant qui mesurait deux mètres et pesait près de 140 kg ! C’est dire s’il était redouté ! L’ancêtre de Guillaume le Conquérant serait né au Danemark ou plus sûrement en Norvège, en 845. Fils d’un comte, il aurait été contraint de quitter, son pays pour partir à l’aventure. Mais son chemin s’arrêta, par chance pour lui,(et pour nos ancêtres !) après qu’il eût accepté de négocier avec le Roi de France, et accepté la Normandie, en échange de la paix. Soit dit en passant, une région que les Scandinaves pillait régulièrement depuis trop longtemps. Après avoir fait le siège de Paris, s’être emparé de la ville de Bayeux et avoir pillé consciencieusement notre région de Bourgogne, c’était pour la France de l’époque un arrangement profitable à tous. Il épousera, paraît-il de force, Poppa, la fille du comte Bérenger, après la prise de Bayeux. (il aurait, dit la légende d’abord kidnappé la jeune fille !) Celle-ci sera donc la mère du futur duc de Normandie Guillaume Longue-Épée. Rollon ou Robert est considéré par les historiens comme le 1er duc de Normandie et le fondateur du duché normand, bien qu’il ne porta pourtant pas le titre de « duc de Normandie » mais seulement celui de « jarl des Normands », (l’équivalent français de comte.) Quoi qu’il en soit, depuis Rouen, dont il a fait sa capitale, s’appuyant sur l’archevêque et l’Église, il restaura la paix et apporta la sécurité en Normandie. Les colons s’établissent près des côtes et en Basse-Seine, ainsi que sur les côtes du Cotentin. Mais les entreprise de pillage en terres franques, et même en Flandres, (rompant la paix de 924) ne cessent pas tout de suite, pour autant, bien que Rollon, lui, ne tolèrait aucune incursion, mêm pacifique sur son territoire ! Hé oui, on ne civilise pas aussi facilement un pillard né ! Car Rollon garda toute sa vie son âme guerrière, osant piller Beauvais,’Amiens, ‘Arras et Noyon qui furent mises à sac et incendiées poussant parfois ses armées jusque dans l’Oise ! Le pouvoir carolingien, qui n’était pas de taille à lutter, dut encore faire des concessions pour le calmer. Le roi fut contraint de payer un tribut aux Normands7. Rollon reçut également les régions du Bessin et de l’Hiémois. Le jarl des Normands obtint du pouvoir carolingien Cinomannis et Baiocae (Le Mans et Bayeux), c’est-à-dire le Maine et le Bessin.
Les exactions de Rollon et ses pillages inaugurèrent une ère de conflits/affrontements, entrecoupée de trêves, tension/répression entre la Normandie et ses voisins, qui se poursuivit pendant presque toute l’histoire du duché. A la mort de Rollon, son fils Guillaume 1er lui succède, aux environs de 927
Le 7 ème duc de Normandie, dit Guillaume-le-Conquérant, dont je vous ai conté l’histoire dans un autre article, en fit toute sa vie les frais.
II) Guillaume 1er – Longue Epée
Guillaume 1er (910-942), dit « Longue-Épée »1, fils naturel de Rollon et de Poppa de Bayeux tient sa légitimité d’une assemblée de Normands et Bretons qui le choisissent pour chef. Vrai chrétien, à la différence de son père, il épousa chrétiennement Liégarde, fille d’Herbert II, comte de Vermandois en 935. Ce duc pieux consolide la jeune Normandie, restaure la paix et rétablit l’ordre en son duché. Il faut savoir que les Normands s’installèrent aussi en Bretagne, ce qui généra des conflits avec les habitants. Guillaume 1er envahit donc la Bretagne et chassa les vaincus, puis se considéra comme duc “protecteur” de Bretagne. En vérité, le duché de Normandie s’arrêta bien au Cotentin et à l’Avranchin. Ce qui était déjà difficile à contrôle depuis Rouen, et d’ailleurs, Guillaume dut mater des révoltes, comme celle de Rioulf. C’était une époque où l’équilibre des forces, à l’intérieur, comme à l’extérieur du duché, se cherchait constamment, où les rapports entre voisins étaient fluctuants. Et ceci, qu’il s’agisse des rapports de la jeune Normandie avec les Francs ou les Flamands ou pour le contrôle de la Picardie. Ces tensions expliquent la fin tragique de Guillaume 1er, en 942. Les princes francs, qui craignent la montée en puissance de la Normandie, mandent Guillaume en Flandre, pour lui faire signer à Picquigny sur une île de la Somme, un accord de paix, une sorte de trêve.
A peine Guillaume, accompagnés de ses amis les chefs bretons, a t-il signé avec Arnoul de Flandre , qu’il est assassiné, sur ordre de ce dernier ! Les traîtrises en cette époque étaient monnaie courante. Son tombeau se trouve en la cathédrale de Rouen.
III) Richard 1er – Richard sans peur
C’est son fils naturel “Richard Ier de Normandie”, dit Richard Sans-Peur (né à Fécamp v. 930-996), qui prit la succession de son père. Il a une dizaine d’années lorsque ce dernier se fait lâchement assassiner. C’est d’abord un conseil de régence qui prend le pouvoir pendant la minorité du duc, (Bernard le Danois, Raoul dit Taisson l’Ancien, Anslech de Bricquebec et Osmond de Conteville.) Puis Herluin, comte de Montreuil, est nommé par le roi gouverneur de Normandie en 943, avant d’être tué par des Normands en 945. Ses voisins profitent de la relative vacuité du pouvoir et de la jeunesse de Richard, pour envahir la Normandie et se partager le duché. C’est de justesse que la Normandie n’éclate pas en morceaux ! On sait peu de chose sur Richard sinon qu’il encouragea la restauration de l’Église et installa en 960 de nouveaux moines à Saint-Wandrille. Des moines partiront de ce monastère pour aller fonder le Mont Saint Michel ! C’est encore lui qui commande au chanoine Dudon de Saint-Quentin une histoire des premiers ducs de Normandie. A cette époque, cependant, la Normandie est loin d’être unifié et des bandes rivales empêchent le duc, qui n’est encore que le “comte de Rouen”, de contrôler l’entièreté du duché. Richard aura l’idée de se constituer un réseau d’alliés fidèles, et de se les garantir par mariages, lesquels acceptent en retour de se reconnaître comme ses vassaux. Ainsi, consolide-t-il vraiment la Normandie. qui en a bien besoin, car elle est toujours, et plus que jamais, convoitée par ses voisins, Francs, Angevins, Bretons, etc… Richard de Normandie, cependant, se défend et est vainqueur du roi Lothaire en 962.
Après cette victoire, Lothaire signe un accord avec les Normands en 965 sur les bords de l’Epte qui préconise le renoncement du roi à toute suzeraineté sur la Normandie et en contrepartie, l’arrêt de toute action militaire de la part des Normands. En 968, Richard se reconnaît le vassal d’Hugues Capet. Mais l’alliance franco-normande vaut ce que valent, à cette époque, toutes les alliances, qui se renversent au gré du vent. Amis un jour, ennemis le lendemain… Il en est de même avec l’Angleterre, où Ethelred reproche à Richard, d’accueillir les Danois qui ravagent son territoire. En 991, Richard et Ethelred concluent un traité de paix. Les échanges commerciaux s’intensifient entre Normandie et Angleterre. Et Richard meurt en 996, la même année que Hugues Capet, le premier roi capétien. Il ne laisse pas d’héritier légitime selon les Chrétiens, mais de nombreux batards. L’un d’eux, un fils qu’il a eu d’une frilla, (Gunor,) épousée à la mode danoise, lui succèdera. (Gunnor, à la mort de l’épouse légitime Emma soeur de Hugues Capet, sera légitimée par un mariage chrétien.) Elle devient régente à la mort de son mari. Son fils règnera sur la Normandie, sous le nom de Richard II. Sa fille Emma, deviendra reine d’Angleterre.
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, le 30 01 2008 - 16:20