Grands Personnages Historiques

L'histoire du duché de Normandie (2)

30 01 2008 - 16:18 - Monica

J’ai compté 12 ducs de Normandie ! C ‘est dire s’il y en a des histoires à vous raconter ! Voici maintenant, le tour de Richard II dit le Bon. Un duc pieux dans une terrible et sanguinaire époque. Et les Vikings, même s’ils sont devenus Normands, ne sont pas encore vraiment pacifiés. Ni même humanisés. Nous sommes au début de la féodalité...
Durant l’enfance de Guillaume, la Normandie commence enfin à se franciser, elle noue des contacts avec l’Eglise et la papauté.


(De Richard II à Robert -le-Magnifique)

IV) Richard II – dit “Le Bon”

Il règnera sur la Normandie de 996 à 1026. Lui aussi hérite mineur du duché, ce qui va entraîner une vague de troubles. C’est Raoul d’Ivry son oncle, qui dirige le duché d’une main de fer.

D’abord les paysans décident de se gouverner eux-mêmes. Les rebelles sont massacrés et leurs chefs horriblement mutilés pour l’exemple. Pendant le même temps, les vassaux s’agitent et les seigneurs se révoltent contre leur jeune duc. Richard prend la relève vers 1001.

A cette époque des expéditions sont encore menées contre l’Angleterre qui ripostera dans le Cotentin. Mais Ethered se fait tailler en pièces. Heureusement les choses s’arrangeront entre Normandie et Angleterre, lorsque Richard donne sa soeur Emma en mariage à Ethelred. (C’est de cette union que naîtra le roi Edouard le Confesseur, lequel lèguera sa couronne à Guillaume, dit le “Conquérant” !
Mais Ethelred ne se calme pas, il fait massacrer en 1002, tous les Danois se trouvant en Angleterre. Bien mal lui en prend, car le roi Sven se venge, en ravageant tout le royaume d’Angleterre !(1003-1009), et soumet l’Angleterre. Ethelred, Emma et leurs enfants dont Edouard trouvent refuge en Normandie.

C’est là que Guillaume le Conquérant, enfant, fera connaissance d’Edouard, qui règnera plus tard sur l’Angleterre, sous le nom d’Edourd le Confesseur.
Edourd II fera de la Normandie, vers 1026, en s’appuyant sur les membres de sa famille qu’il place aux endroits stratégiques, la principauté la plus puissante et la mieux administrée du royaume. (Cinq parents hériteront de comtés et deux d’ évêchés !) Il se constitue ainsi une cour. Un système féodal se met en place. Il participe activement à la restauration du monachisme et à la fondation d’ abbayes (Saint-Taurin d’Évreux, Montivillers, Bernay
La Normandie commence à rompre avec ses origines scandinaves et à se forger une personnalité propre : par ailleurs, elle se francise et noue des contacts avec la papauté. (Il y a un siècle, les Normands égorgeaient encore les moines !)
La relation avec les Capériens est stable. Richard s’entend bien avec le Roi Robert le Pieux qui devient son ami. Souvent, en politique comme ailleurs les affinités sont déterminantes. Richard épaule souvent son ami.( En principe, Richard est le vassal de Robert, mais Richard II agit en toute indépendance, comme lorsqu’il envoie son fils combattre Hugues 1er, 47 ème évêque d’Auxerre et comte de Chalon-sur-Saône, vassal de son ami le roi. )
Grâce à des mariages, Bretagne, Blois et Normandie s’allient. Richard peut être tranquille sur sa frontière du sud-ouest, mais les choses se gâtent, lorsque la soeur de Richard , Mathilde, décède sans laisser d’héritier et que Richard réclame que lui soit rendu sa dot, c’est à dire la moitié de la châtellenie de Dreux. Eudes refuse. Richard fait construire en 1013, la forteresse de Tillières pour compenser la perte de Dreux.

Par ailleurs, les relations entre Normands et Scandinaves sont toujours d’actualité, et des expéditions Normands/Scandinaves ravagent les côtes jusqu’en…Espagne ! Eudes de Blois conserve Dreux et Richard, Tillières, et les bords de l’Avre. C’est cette forteresse, que Guillaume le Conquérant devra un jour, la mort dans l’âme, céder au belliqueux roi de France, Henri, pour le dissuader d’envahir la Normandie , à une époque, où, tout jeune encore, sans alliés pour affermir sa couronne, il doit composer !
Richard II meurt en août 1026, après avoir désigné son fils aîné Richard comme héritier du duché, qui deviendra Richard III et confié à son second, Robert le comté d’Hiémois. Lequel deviendra Robert le Magnifique, futur duc de Normandie.

V) Richard III
(v. 1008-1027), fut duc de Normandie du 23 août 1026 au 6 août 1027. Il
dut affronter la révolte de son frère cadet, Robert, comte d’Hiémois. Assiégé par l’armée ducale à Falaise, celui-ci se soumit. Le jeune Richard III épousera en 1027 la trop jeune fille du roi, Adèle de France, fille de Robert le Pieux, laquelle n’aura pas le temps de lui donner un héritier, car le jeune duc meurt à vingt ans, le 6 août 1027, sans doute empoisonné par son frère Robert (?) donc mystérieusement. On n’a pas de preuve de cet assassinat, mais voyez à qui profite la mort de l’aîné : à Robert, puisqu’il devient en conséquence, duc de Normandie. Veuve, Adèle se remaria en 1028 à Paris avec Baudouin V (1012 † 1067), comte de Flandre. Mais sa fille Mathilde, deviendra, ironie du sort, duchesse de Normandie et même reine d’Angleterre, en épousant Guillaume-le Batard de Normandie, futur fils de Robert ! Un fils qu’il aura avec Arlette, sa “drue” (épouse illégitime, à la mode danoise).

VI) Robert Ier de Normandie
(v. 1010 – 22 juillet 1035), dit Robert le Magnifique1, fut duc de Normandie d’août 1027 à sa mort. Il fut le père de Guillaume le Conquérant.
Dotée d’une personnalité violente, il fut aussi appelé Robert le Diable ! Sa mauvaise réputation provient évidemment des conditions douteuses qui lui permirent d’accéder au trône de Normandie. Car Richard III avait un fils batard Nicolas, que Robert écarta de la succession, pour s’emparer du trône après la mort déjà mystérieuse de son frère aîné. Robert fut-il un criminel, avant de devenir un duc ? L’Histoire n’en saura jamais rien. Quoiqu’il en soit, Robert devint donc duc en 1027, alors qu’il n’avait que 17 ans, et montra rapidement qu’il entendait tenir la Normandie d’une main de fer. Contrairement à son fils Guillaume, il n’hésitait pas à humilier ses ennemis vaincus. N’hésitant pas à s’emparer de terres appartenant à l’Eglise pour récompenser ses amis, il se fit aussi l’ennemi de son oncle Robert le Danois archevêque de Rouen (989-1037) et comte d’Évreux (996-1037)Fils du duc Richard Ier de Normandie et de Gunnor, l’un des personnages les plus puisants du duché. Obligé de fuir en France, l’oncle excommunie le neveu ! Robert est ainsi forcé de se réconcilier avec son oncle, lequel deviendra l’homme le plus fort du duché ! Il semble même que l’oncle eût délors une bonne influence sur son neveu qui se réconcilia aussi avec l’Eglise. Robert fondra deux monastères. En premier lieu, l’abbaye de Cerisy, pionnière puisque l’ouest de la Normandie était une région dépourvue de monastères en dehors du Mont-Saint-Michel. Ensuite, en 1035, Robert le Magnifique fondra l’abbaye de Montivilliers. Peu après Robert se décida à partir en pèlerinage à Jérusalem. Etait-ce là la preuve d’un repentir pour son crime de jeunesse ? Peu-têtre.En tout cas, ce n’était pas pour le bien du duché, qui du coup, se retrouvait dangereusement sans maître. De plus, rare étaient ceux qui revenaient vivant de ce voyage lointain.
Avant de partir, Robert rassembla les grands du duché à Fécamp5. et leur demanda de reconnaître comme hériter son jeune fils Guillaume âgé de sept ans. Les barons acceptèrent la décision ducale avec réticence car ils reprochaient à Guillaume de ne pas être issu d’une union légitime. Mais Robert n’avait pas le choix : Guillaume était son seul enfant masculin. Nous étions en 1035, Robert prit la route de Rome. L’empereur byzantin Michel IV l’accueillit à Byzance. Il parvint jusqu’à Jérusalem mais mourut l’été 1035 sur le chemin du retour, à Nicée. Punition divine ? Allez savoir ! Mais peut-on imaginer qu’il n’avait alors que… 25 ans ?!
Sur ces entrefaites, en 1031, arriva pour le jeune Guillaume un événement conséquent. Le roi de France Robert le Pieux, décéda et son fils aîné Henri Ier lui succéda. Celui-ci se heurta tout de suite à une révolte de son frère cadet Robert et vint se réfugier en Normandie où il trouva asile à Fécamp, Roberti aida même militairement le fils de l’ami de son père à reconquérir son trône ! Le frère rebelle fut vaincu et demanda la paix. Henri Ier pouvait régner en paix. Pour prix de son appui, Robert reçu la suzeraineté sur le Vexin français. Mais Henri Ier n’était pas homme de parole et il s’empressa ensuite de spolier sans vergogne son fils Guillaume-le-Conquérant de ce territoire quelques années plus tard.

Robert apporta aussi un soutien décisif au comte de Flandre Baudouin IV. ainsi qu’aux aux enfants d’ Ethelred II et d’Emma, Alfred et Édouard, qui vivaient en Normandie. Il somma Knut le Danois de leur rendre l’Angleterre et devant son refus, entreprit d’envahir l’Angleterre. Hélas son armada alla s’échouer sur les côtes de Jersey, suite à une tempête ! Ah les rebondissement de l’histoire, puisque là où Robert le Magnifique échoua, son fils Guillaume le Conquérant réussira plusieurs dizaines d’années plus tard en 1066. L’Histoire n’est elle pas extraordinaire ? La flotte sur le retour fit halte au Mont Saint Michel et prit ensuite la direction de la Bretagne. Car bien que les liens entre Bretagne et Normandie fussent étroits, alain rêvait de s’émanciper de la tutelle normande et il convenait de le ramener dans le droit chemin, après qu’il eût refusé son allégeance à Robert le Magnifique. Ce fut le signal de la guerre. Alain riposta en envahissant l’Avranchin mais les Normands écrasèrent les Bretons , puis ramené à la raison, le duc de Bretagne se réconcilia avec Robert le Magnifique et se reconnut son vassal. Il resta par la suite l’ami fidèle de Guillaume-le-Conquérant.
Robert ne se maria jamais ou n’en eut pas le temps. On lui connaît sa liaison avec Herlève (Arlette) dont il eut Guillaume et peut être une autre amante de nom inconnu qui lui donna une fille. Adélaïde.
Lisez dans notre prochain article, la suite passionnante de cette saga !

Monica, le 30 01 2008 - 16:18

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