Grands Personnages HistoriquesL'histoire du duché de Normandie (4)30 01 2008 - 16:14 - monica
Si Guillaume avait pu connaître l’avenir, je doute beaucoup qu’il se serait donné autant de mal pour conquérir l’Angleterre. Car ses fils vont s’entre déchirer et se disputer comme des chiffonniers, ce trône qu’il avait si durement acquis. L’étonnant est que celui des trois qui, finalement, emportera la couronne, fut celui qu’on attendait le moins… Un lettré qui, lui au moins, parlait l’anglais ! Mais à sa mort, les héritiers se refilent la patate chaude et c’est, de nouveau, la foire d’empoigne avec, cette fois, les petits enfants du Conquérant ! (de Robert II à Henri II) VIII) Robert II de Normandie, dit Robert Courteheuse ( 1051/1052 – février 1134, château de Cardiff).succèda à son père, Guillaume le Conquérant. Son surnom de Courteheuse (Courte botte) provient de sa taille râblée1 Il fut comte du Maine de 1063 à 1069, puis duc de Normandie, de 1087 à 1106. Fils aîné de Guillaume le Conquérant, il hérita à sa mort du duché de Normandie (1087) mais se heurta aux ambitions de ses deux frères cadets, Guillaume le Roux et Henri Beauclerc, rois successifs d’Angleterre. Peu gâté par la nature, (la figure pleine, le corps gras, et la taille petite : ce qui l’avait fait surnommé Courte Botte !) ce prince n’eut pas un destin reluisant. Mou de corps, il aurait dit-on aussi, été mou de caractère. Toujours frustré, il se complut à faire la guerre à ses frères mais perdit la bataille. En 1058, le comte du Maine, Herbert II, s’enfuit du Mans, alors occupé par le comte d’Anjou, et se réfugie à Rouen. Sans enfant, il lègue à Guillaume le comté du Maine et fiance sa sœur au jeune Robert Courteheuse. Après la mort d’Herbert, en 1063, Guillaume le Conquérant occupe le Mans et y intronise son fils, alors âgé de 11 ans. Robert ne participera pas à la conquête de l’Angleterre, mais en l’absence de son père, il administrera le duché avec sa mère. Ses relations avec son père ne semblent pas avoir été excellentes, leurs caractère étant certainement en tout trop différents. Lors de la reconquête du Maine, bien que Robert soit largement en âge de combattre, (il avait 20 ans), Guillaume ne mande pas son fils à ses côtés. En 1077, leurs relations s’enveniment et Robert part en exil, déçu que son père ne lui confiât aucun territoire. Comte du Maine et héritier du duché de Normandie, il n’avait en fait, aucun pouvoir sur l’un ou sur l’autre, ni aucune ressource. Quant à son père, il n’entendait pas partager son autorité avec un fils qu’il n’appréciait guère. Peut être aussi, n’avait-il pas confiance en lui pour lui confier l’administration d’un territoire.Quoiqu’il en soit, le fils bouillonnant d’impatience, épris de faste en ressentit une frustration bien compréhensible et se réfugia…chez les pires ennemis de son père, ce qui ne plaide pas en sa faveur : son oncle Robert le Frison, frère cadet de Baudouin VI, le beau-frère de son père, puis à la cour du roi de France Philippe Ier. Les deux hommes se combattent, se réconcilient, puis à l’heure de sa mort, Guillaume, qui n’avait jamais su tenir rigueur même à ses pire ennemis, pardonne à son fils, et lui confie le duché de Normandie. Robert devient donc le nouveau duc de Normandie, le 9 septembre 1087. Les désordres reprennent. « La province tombait en dissolution, les brigands parcouraient en troupes les bourgs comme les campagnes, et des bandes de voleurs se livraient à toute sorte d’excès contre le peuple désarmé. Le duc ne bouge pas et bien sûr, aussitôt reprennent les guerres privées. Robert n’a aucune autorité. Décidément, Guillaume n’a pas eu de chance avec cette postérité. Une incroyable fratrie !
La noblesse est partagée, certains soutiennent Robert, d’autres son frère Guillaume le Roux. Une rébellion tente de le renverser, qui échoue. Pour se venger, Guillaume rallie plusieurs barons normands et débarque en 1091 à Eu. Robert Courteheuse prend peur et se réconcilie avec son frère.Tous deux mènent campagne contre leur cadet, Henri Beauclerc, qui a reçu le Cotentin et l’Avranchin en 1087/1088. Ils l’assiègent au Mont-Saint-Michel. En 1105, le roi d’Angleterre débarque en Normandie et là, les choses s’enveniment pour de bon : La bataille a lieu le 28 septembre 1106 à Tinchebray, dans le sud-ouest du duché16. Henri taille en pièce l’armée de Robert qu’il capture. Henri se proclame duc de Normandie et, conscient du danger, refuse de libérer son frère, qui finira sa vie en prison. Robert est emmené en Angleterre et enfermé. Son fils, Guillaume Cliton, alors enfant, échappe aux mains du roi d’Angleterre. Devenu majeur, il tentera en vain de récupérer le duché de son père et trouvera la mort en 1128. Dans sa prison, Robert lui survivra , puisqu’il ne décédera qu’en en février 113418, à plus de 80 ans, au terme d’une longue captivité. IX) Henri Ier Beauclerc (1068, Selby, Yorkshire Angleterre– 1er décembre 1135, Lyons-la-Forêt) Ce plus jeune fils de Guillaume le Conquérant succèda à son frère Guillaume II le Roux, sur le trône d’Angleterre en 1100, et s’empara du duché de Normandie de son frère Robert en 1106. Aussitôt, il assure son trône, en promulguant la charte des libertés, qui est considérée comme une ébauche de la Magna Carta. Il restaure également plusieurs lois du feu roi Édouard le Confesseur. Le 11 novembre 1100, Henri épouse Édith, princesse d’Ecosse. Le mariage unit la lignée normande avec une ancienne lignée de rois anglo-saxons, et de ce fait, déplaît beaucoup aux barons normands. Bien que s’étant marié deux fois, et fait près de 35 batards, encore une fois l’ironie du sort frappe : le roi n’a aucun héritier mâle légitime ! Et là, coup de théâtre : le 1er janvier 1127, Henri fait prêter serment par ses barons d’accepter sa fille Mathilde l’Emperesse, veuve de l’empereur germanique Henri V comme son héritière. Puis il meurt en France d’une indigestion. Il aurait avalé un pâté en croûte de lamproie avariée. (Sorte de poisson ressemblant à une anguille). Après sa mort, survient l’anarchie. En effet, bien que les barons d’Henri aient juré allégeance à sa fille, le remariage de cette dernière avec le comte d’Anjou, un ennemi des Normands, permet à un neveu d’Henri, Étienne de Blois, de venir en Angleterre et de prétendre au trône. Car il est le fils d’Adèle, fille de Guillaume le Conquérant, et donc son petit-fils. Mais, l’idée qu’une femme puisse monter sur le trône choque les esprits de certains, et l’on assiste à la formation de deux partis opposés. S’ensuit une longue guerre civile, réglée en 1153, avec le traité de Wallingford : Étienne désigne son fils, le futur Henri II comme héritier. *X) Henri II d’Angleterre « plus grand roi médiéval de l’Angleterre »
(5 mars 1133 – 6 juillet 1189), comte d’Anjou et du Maine, duc de Normandie, roi d’Angleterre (1154–1189). La révolte des fils contre le père En 1173, ses quatre fils trépignent d’impatience de se partager l’immense empire de leur père. il y a là Henri le Jeune qui venait d’avoir 18 ans, beau comme un dieu, mais pauvre comme Job. Ce dernier prend prétexte de ce projet pour attaquer son père, aidé en cela de sa mère Aliénor et de tous ceux qui reprochaient au roi d’avoir fait tuer Thomas Becket.en 1170. Henri, suivi de ses frères Richard et Geoffroy se réfugient à la cour de son beau-père, Louis VII, en France en mars 1173. Là se forme une coalition contre Henri II.En fait, l’enjeu majeur de cette révolte est la Normandie ! En avril 1173, les comtes de Flandre et de Boulogne envahissent la Normandie par l’est, le roi de France et le jeune Henri par le sud, tandis que les Bretons attaquent par l’ouest. Mais tous ces assauts vont échouer. Henri reprend le Mans Le 8 juillet 1174, Henri II, occupé en Normandie à combattre ses ennemis, débarque en Angleterre, fait pénitence pour la mort de Thomas Becket. balaye l’opposition, marche sur chaque bastion rebelle et reçoit sa reddition. L’Angleterre reconquise, le roi retourne sur le continent, car Louis VII et le comte de Flandres Philippe d’Alsace ont mis le siège devant Rouen. Henri II marche sur la capitale normande le 11 août. Surpris par cette action inattendue, le roi de France se replie. Le 30 septembre, à Montlouis, le jeune Henri et ses frères se réconcilient avec leur père, signent la paix, et le reconnaissant comme leur seigneur. La révolte est matée au prix de milliers de morts et Aliénor qui soutint ses fils, fut tenue captive pendant presque quinze ans. , le 30 01 2008 - 16:14 |



