Grands Personnages HistoriquesL'histoire du duché de Normandie (6 et fin)30 01 2008 - 15:17 - monica
C’est avec un roi funeste et à l’âme sordide, que se termine notre saga anglo-normande. J’ai nommé Jean-sans-Terre ! L’ennemi de Robin des Bois ! Puisqu’il perdit définitivement la Normandie, au profit du roi des Francs : Philippe-Auguste, un trophée que les Capétiens avait toujours convoité ! (La fin du duché avec son dernier duc) XII) Jean d’Angleterre, dit “Jean-Sans-Terre, Il fut le dernier duc de Normandie (1199-1204) et le plus funeste roi d’Angleterre, de 1199 à 1216. Le chouchou de Papa Jean vit le jour à Oxford, vers Noël. C’était le demi-frère de Marie de France et d’Alix de France, filles nées du premier mariage de sa mère avec Louis VII de France. Déjà intrigant Durant l’absence de Richard, parti en croisade combattre Saladin, entre 1190 et 1194, Jean tente de renverser Guillaume Longchamp, évêque d’Ely, désigné régent par Richard. En réalité, Jean était plus populaire qu’on ne le vroit en général. Ainsi, en octobre 1191, les habitants de Londres lui ouvrirent les portes de leur ville. Jean promit à la cité de lui accorder une charte de liberté, en contrepartie d’une reconnaissance, comme héritier présomptif de Richard4. Lorsque Jean apprit que son frère avait été fait prisonnier, lors de son retour de croisade, on dit qu’il envoya une lettre à l’empereur Henri, pour lui conseiller de garder Richard loin d’Angleterre. Mais ses partisans (et sa mère !) payèrent une exorbitante rançon, pour sa libération, car ils se méfiaient de Jean. Un frère magnanime à ses heures À son retour en Angleterre, en 1194, Richard pardonna à son frère et le désigna comme son héritier. Plusieurs historiens avancent que Jean n’aurait pas tenté de renverser Richard, mais, fait de son mieux pour améliorer la situation d’un pays ruiné par les taxes levées par le roi, pour financer la Croisade. Certes, il se peut que des moines, contrariés par le fait que Jean ne manifesta aucun intérêt pour la croisade, contribuèrent à établir plus fortement encore l’image de trahison, attachée à son personnage. Mais on ne fait pas de fumée sans feu. Prêt à tout pour monter sur le trône ! Devenu roi d’Angleterre, le 6 avril 1199, à la mort accidentelle de Richard, sa succession ne fut pas évidente. Certains voulaient voir son jeune neveu, Arthur Ier de Bretagne, fils de son frère Geoffroy, monter sur le trône. Arthur revendiqua le trône, avec le soutien provisoire du roi Philippe-Auguste, qui, finalement, changea d’avis. Par le traité du Goulet, en mai 1200, Philippe reconnut Jean contre Arthur. Mais la paix fut de courte durée, car Pris la main dans le sac, il se défile… En 1202, Jean fut convoqué à la cour de France, pour répondre de forfaitures. L’une d’elles était qu’il avait enlevé la toute jeune Isabelle d’Angoulême, fille unique d’Aymar Taillefer, comte d’Angoulême, alors fiancée à Hugues X de Lusignan, pour l’épouser le 24 août 1200, à Bordeaux. Somme de se justifier devant la cour de Philippe, Jean ne se présenta pas. Conformément à la loi féodale, le roi de France prononça alors la confiscation de ses biens continentaux (1202). Il ne restait plus à Jean qu’à venir défendre ses territoires. Il construit la 1ère Armada anglaise En 1203, Jean ordonna à tous les chantiers navals d’Angleterre de fournir au moins un bateau. Il fit de Portsmouth le nouveau siège de la marine. À la fin de 1204, 45 grandes galères avaient été construites, avec une moyenne de quatre nouveaux navires par an. Il créa également une amirauté de quatre amiraux, pour commander cette nouvelle flotte. Assassin présumé de son neveu ? Emprisonné d’abord à Falaise, puis à Rouen, Arthur disparut ensuite purement et simplement de la circulation. Jean le tua -t-il et jeta-t-il son corps, attaché à une lourde pierre, dans la Seine ? Nul ne le sait, mais personne ne revit jamais Arthur vivant, et la rumeur de son assassinat provoqua en Bretagne, puis en Normandie, une révolte contre Jean. Outre Arthur, Jean qui n’en était pas à une forfaiture près, captura également sa nièce, Aliénor de Bretagne, qui demeura sa prisonnière le reste de sa vie (qui s’acheva en 1241). Par ce geste indigne, Jean acquit pour toujours sa réputation d’homme impitoyable et sordide. De soulèvements, en insurrections… Dans l’espoir d’éviter des soulèvements, tandis qu’il combattrait sur le continent, pour recouvrer ses possessions françaises, Jean constitua en 1205, une alliance, en mariant sa fille illégitime, Jeanne, au prince des Gallois Llywelyn le Grand. Un débarquement continental et un fiasco ! Ayant étouffé dans l’oeuf l’insurrection galloise de 1211, et résolu sa dispute avec la Papauté, Jean se tourna vers ses intérêts continentaux. Allié avec l’empereur germanique Otton IV, contre le roi de France, il débarqua en 1214 avec son armée à La Rochelle. Vaincu, il dut accepter une paix si peu reluisante avec le roi de France, que ses barons, qui s’étaient déjà rebellés contre lui, après son excommunication, s’indignèrent. Il rencontra leurs chefs à Runnymede, près de Londres, le 15 juin 1215, où il signa la Grande Charte, la Magna Carta, limitant les pouvoirs royaux. Par cette charte, l’une des bases de la démocratie britannique, la royauté en Angleterre ne fut plus jamais absolue. Mais parjure, il prétendit par la suite, avoir signé sous la contrainte ! Jean avec l’approbation du Pape, reprit donc sa parole. Toujours traître à sa parole Mécontents, une partie des barons anglais offrirent la couronne à Louis, le fils de Philippe Auguste. Ce dernier, s’il réussit à débarquer en Angleterre en 1216, ne put malheureusement réitérer l’exploit de son aïeul” le Conquérant,” et ne parvint pas à soumettre le royaume qui lui était offert. Mort de dépit Jean s’opposa aux forces rebelles, notamment lors du siège de deux mois, contre le château de Rochester. Et battant encore en retraite devant les troupes du prince Louis, Jean perdit en route les joyaux de la Couronne, qui sombrèrent emportés par une marée montante ! Cette perte l’affecta si gravement qu’il succomba à une dysenterie, dans la nuit du 18 au 19 octobre 1216, au château de Newark, dans le Nottinghamshire. Il fut inhumé dans la cathédrale de Worcester. Son fils, âge de neuf, ansi lui succéda, sous le nom d’Henri III d’Angleterre. Louis continuât à revendiquer le trône anglais, mais les barons prêtèrent allégeance au nouveau roi, forçant le prince français à renoncer à ses projets et à signer le traité de Lambeth, en 1217. Le portrait d’un homme peu reluisant Bien que compétent en certaines matières, (il eut un chancelier extrêmement capable, qui collectionna la première série correcte d’archives – les Pipe Rolls.) bon administrateur, il eût pu faire un assez bon roi, si son âme n’avait été aussi noire. Car il fut, avant tout, un homme avide de pouvoir, sans scrupule, cruel, calculateur et méfiant, qui fut excommunié par le pape. Toute sa vie en but à de nombreuses révoltes, de la part de ses barons, qu’il taxa copieusement, aussi paillard que son frère, mais lâche et pleutre dans la bataille, il eut un nombre incroyable de maîtresses et une kyrielle d’enfants illégitimes. Son règne fut sans doute le plus désastreux de l’histoire anglaise. Il perdit la Normandie.( Alors que Philippe Auguste attaquait les possessions des Plantagenêts, Jean céda au roi des Francs l’est de la Normandie (sauf Rouen), le Vaudreuil, Verneuil et Évreux, par un accord écrit, en janvier 1194. ) et laissa un pays en but à la guerre civile. L’image qu’il laissa de lui, ternit à ce point son nom, qu’après lui, aucun roi anglais n’osa plus porter le nom de Jean. Avec ce vil descendant qui fit bien peu honneur à son illustre ancêtre, Guillaume-le-Conquérant, se termine la saga du royaume anglo-normand. Philippe Auguste intégra ensuite la Normandie à ses possessions, et le duché devint français. , le 30 01 2008 - 15:17 |



