Grands Personnages Historiques

Paul Bert, un Auxerrois de génie, grand savant et homme politique...

30 04 2008 - 13:45 - Monica

Du pont Paul Bert, à Auxerre, sa statue veille sur la ville.
Pas un piéton, pas un automobiliste qui ne passe à ses pieds, pour traverser l’Yonne que le pont enjambe à cet endroit, sans se demander “au fait, c’est qui ce bonhomme,” dont tant de collèges et lycées portent le nom ? En effet, nous qui passons presque sans le voir, tellement nous sommes habitués à sa présence de bronze, savons-nous encore, nous citoyens de 2008, Auxerrois de coeur, de naissance ou d’adoption, visiteur ou simple touriste, qui fut ce fameux Paul Bert et ce que nous lui devons ? Pas si sûr !
Jean Pierre Soisson, notre député, vient justement de publier sa bibliographie, aux éditions de Bourgogne : “Paul Bert, l’idéal républicain.” Et lorsque je me suis rendue, samedi dernier, pour entendre, à Toucy, la causerie qu’il lui consacrait, j’étais loin de me douter combien je trouverais passionnante la vie de cet homme, racontée de surcroît, avec verve et passion par l’auteur.


Statue de Paul Bert

Et d’un coup, la statue de métal s’efface et l’homme de chair et de sang, de passion et d’idéal, revit devant nos yeux. Sa jeunesse auxerroise (Paul Bert est né un 19 octobre 1833, dans la rue qui porte aujourd’hui son nom), nous le rend proche.

C’est un enfant du pays, nous pouvons encore voir la maison, (un ancien couvent des Dominicains, vendu comme bien national) et le jardin qui abritèrent son enfance protégée, dans l’ancienne rue Chantepinot. La famille était aisée, à cause de l’héritage de la maman, Henriette Massy, dont l’ arrière grand-père avait été négociant en bois, à une époque où les bois flottés, descendant du Morvan, faisaient la richesse du port, du quartier de la Marine et d’ailleurs, de toute la ville. Mais cette enfance enchantée se brisa net, lorsque Paul, alors élève du collège Jacques Amyot, atteignît ses quinze ans, avec la mort prématurée de sa maman, emportée par la tuberculose, à quarante-six ans.

Les premiers pas d’un savant…

Paul, habitué des prix d’excellence, était un brillant élève qui mordait la vie à belles dents. Chahuteur, galopin, farceur, Il décrocha son bac en 1852 avec une aisance que lui permettaient son sens aigu de l’observation, sa mémoire étonnante et son intelligence alerte. Le voilà curieux de tout, étudiant à Paris. Il cherche sa voie, obtient sa licence en droit en 1857, mais ne se sent nullement attiré par les carrières juridiques. La chasse le passionnait davantage et c’est donc tout naturellement qu’il rejoignit la Société des Sciences Historiques et Naturelles de l’Yonne.

Il est ébloui par les ressources du vivant et les perspectives qu’ouvrent les sciences. Mais déjà, la vie l’envoie encore ailleurs, et le voilà assoiffé d’horizons neufs, sous le soleil de l’Algérie. En Kabylie, il se fortifie, car sa santé était souvent chancelante. Revigoré, il s’installe à Paris. Il a vingt-cinq ans, et pas la moindre idée, encore, de ce qu’il va faire de sa vie. Une relation de son père, bibliothécaire du Muséum d’histoire naturelle, le présente à un certain Pierre Gatriolet, directeur du labo d’anatomie comparée. Ce dernier propose au jeune homme de devenir son assistant. Paul Bert va se découvrir une véritable passion sous le scalpel et le microscope ! L’homme va devenir aussi son précepteur, il lui enseignera notamment l’art oratoire, qui le servira si bien plus tard. Mais en attendant, le voici lancé dans une nouvelle carrière, scientifique, celle-là ! Il obtient sa licence de sciences nat et soutient sa thèse, en 1860. C’est décidé, il sera physiologiste ! Trois ans plus tard, nouvelle thèse, cette fois, en doctorat de médecine, puis encore en sciences naturelles, il devient l’espoir de la biologie française. Le célébrissime Claude Bernard le choisit comme préparateur, pour un salaire de 600 francs..par an. Ce qui fait son succès : sa vive intelligence, sa curiosité, son enthousiasme, sa rigueur et son ardeur au travail. Quel homme !

Sa chance ? Avoir pu travailler avec les grands biologistes de son temps, Claude Bernard, notamment ! Mais avant d’être naturaliste…il se sent citoyen ! Il a trente ans et toute la vie devant lui ! Restera -t-il sur la piste des Sciences qui lui ont si bien réussi ? Non, car un destin politique et un grand combat l’attend : créer l’école de la République, laïque et gratuite, ouverte à tous et toutes ! Il mourra en pleine action, en Indochine, après avoir ingéré un aliment contaminé, un 11 novembre 1886, avant d’avoir eu le bonheur de voir se réaliser son oeuvre, bêtement, d’une maladie infectieuse provoquant des hémorragies ! A l’époque, la dysenterie bacillaire ou shigellose, causée par l’un des divers types de la bactérie Shigella, (nommée ainsi en l’honneur du bactériologiste japonais Kiyoshi Shiga qui l’a découverte en 1897), ne se soignait pas. Pas plus que sa consoeur, la dysenterie amibienne, causée par l’amibe Entamoeba histolytica, un parasite protozoaire microscopique.

Paul Bert est ainsi mort en s’écriant : “tout allait si bien, quel dommage de laisser tout cela” ! Il parlait du développement commercial du Tonkin, (Vietnam du nord), pour qui il avait de grandes ambitions : assurer la paix et la prospérité de ce pays !

Si vous voulez tout de suite tout savoir sur ce grand homme, le livre de Monsieur Soisson vous attend en librairie. Demandez “Paul Bert, l’idéal républicain,” aux éditions de Bourgogne. 15 euros. 169 pages.

Monica, le 30 04 2008 - 13:45

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