Grands Personnages HistoriquesVauban ! Homme du 21 è siècle17 06 2007 - 10:17 - monica
Tricentenaire oblige, la Bourgogne a mis Vauban, l’un de ses illustres fils, à l’honneur. Et publie de nombreuses documentations. Ce qui permet de découvrir qui était ce Morvandiau de petite noblesse désargentée, que rien ne prédestinait à devenir célèbre, si ce n’est sa bravoure et qui, pourtant, a tant fait pour la France et son souverain, Louis XIV ! ! Et plus on lit de choses sur lui, et plus on l’aime ! C’est pourquoi, vous me pardonnerez de revenir sur un sujet que j’ai déjà traité, mais qui mérite plus d’approfondissement.
Nous sommes en 1633, Urbain Le Prestre-de-Vauban (l’arrière grand-père Emery, avait achèté en 1555, le fief et le château de Vauban, situé sur la commune de Bazoches), et sa femme, Edmée Cormignolle, attendent un enfant. Ce sera un garçon, qui naît à Saint Léger-de-Foucheret : Sébastien ! Mais la famille ayant été précédemment déshéritée, rien ne prédestinait ce rejeton de petite noblesse à entrer dans l’histoire, si ce n’est…par la petite porte. Une époque trouble Né sous le règne de Louis XIII, Sébastien grandit à la campagne, à l’ombre de Richelieu, qui va bientôt céder sa place à Mazarin. (Il a neuf ans, à la mort du cardinal, en 1642, et son futur souverain, Louis XIV, n’en a que cinq !) Anne d’Autriche est régente, Mazarin devient premier ministre. A 17 ans, soit sept ans plus tard, c’est la fronde des princes : Sébastien, 17 ans, est cadet dans les troupes de Condé, gouverneur de Bourgogne, allié de l’Espagne, contre Mazarin, et le jeune Louis XIV. De batailles en batailles Le jeune Vauban participe à plusieurs batailles et déjà, sa bravoure le sort du lot. Mazarin souhaite rallier la fronde à l’Etat et au roi. Et tout naturellement, propose à notre jeune et intrépide Morvandiau, (fait prisonnier !), de servir la cause du roi. Le Prestre accepte et entre au service du Commissaire général des fortifications : un certain de Clerville, auquel il succèdera…en 1678, à l’âge de 45 ans ! Mais cette promotion (tardive !), il ne la devra ni à la flagornerie, ni à sa naissance, mais seulement à son talent et à son travail acharné. Mais entre temps, que de sièges, de travail et de batailles !
Toujours est-il que c’est sous les ordres de de Clerville, que Sébastien apprend son métier d’ingénieur militaire. A 22 ans, il est nommé “ingénieur du roi”. Suivent huit ans de batailles, plus sanglantes et plus meurtrières, les unes que les autres. Vauban est blessé six fois, et prend la guerre en horreur. La stratégie défensière Désormais, puisqu’on ne peut l’éviter, il fera tout pour épargner des vies humaines, et opte pour une politique rationnelle des frontières. Ceinturant le royaume de places-fortes convenablement fortifiées et reliées entre elles. Car la Vauban, un héros bien de …notre temps ! Mais ses qualités, loin de le mettre en avant, en un siècle où il convient surtout de plaire au roi, contribueront longtemps à le marginaliser, dans une époque barbare, où seuls les courtisans arrivaient à s’élever. Et puis, pour enfoncer le clou, alors que le temps est à la guerre, à l’exploitation des plus pauvres, à la prééminence des puissants qui écrasent les faibles, à l’intolérance religieuse, lui seul contre tous, prêche, dans ses “Oisivetés,” (29 mémoires et 12 tomes), pour la défense des forêts, une meilleure alimentation des paysans, le pardon, la tolérance, et prône des réformes, qui vaudront l’interdiction à son dernier ouvrage sur une imposition plus juste la “Dixme royale” qui, très en avance sur son temps, visait à instaurer plus de justice sociale ! Vauban, un précurseur Son goût du bien commun l’opposera à son souverain, qui fera la sourde oreille, face aux réformes que lui suggère Vauban, à qui rien n’échappe de la misère paysanne. En particulier lorsqu’il prônera la défense des protestants, ou l’impôt proportionnel et payable par tous, y compris les nobles. Certes, le roi apprécie l’ingénieur des fortifications, il le récompensera financièrement en 1675, pour la prise de Meastricht, (qui tombera après 13 jours de siège et coûtera la vie à un certain d’Artagnan !) et lui fera verser un pécule de 80 000 livres qui permettra à Vauban de racheter la demeure de son arrière grand-père : le château de Bazoches, mais Vauban ne recevra son bâton de maréchal qu’à ... 74 ans, en 1703 ! Alors que son talent et son dévouement auraient dû le voir récompensé plus tôt ! Un homme très moderne Voilà un homme, en tout cas, qui marquera l’histoire avec un grand H, et plus particulièrement, celle de notre pays, et qu’aujourd’hui, nous sommes heureux de redécouvrir ! Car ce grand ingénieur, ce soldat-bâtisseur de génie, ce stratège extraordinaire aura aussi été un témoin critique de son temps et un humaniste soucieux d’améliorer le sort des plus déshérités ! Ses qualités nous fascinent et nous émeuvent : ses idées, novatrices, son courage, sa sincérité, son honnêteté, son génie, sa fidélité à toutes épreuves, sa vaillance, sa clairvoyance, et son intelligence des choses humaines nous inspirent le respect, et font de lui un homme en tous points exceptionnel et d’une étonnante modernité ! , le 17 06 2007 - 10:17 |
Le jeune Vauban participe à plusieurs batailles et déjà, sa bravoure le sort du lot. Mazarin souhaite rallier la fronde à l’Etat et au roi. Et tout naturellement, propose à notre jeune et intrépide Morvandiau, (fait prisonnier !), de servir la cause du roi. Le Prestre accepte et entre au service du Commissaire général des fortifications : un certain de Clerville, auquel il succèdera…en 1678, à l’âge de 45 ans ! Mais cette promotion (tardive !), il ne la devra ni à la flagornerie, ni à sa naissance, mais seulement à son talent et à son travail acharné. Mais entre temps, que de sièges, de travail et de batailles !
guerre, contrairement au roi, n’est pas sa priorité. Sébastien, et c’est ce qui fait son succès si actuel, est très en avance sur son siècle. S’il se révèle un architecte surdoué, et un maître des fortifications, (il n’en existe pas de plus talentueux !), c’est aussi un grand humaniste, précurseur des Lumières, et surtout, franc et sincère. C’est à dire l’antithèse d’un courtisan ! Ci contre Louis XIV. 


