HistoireLa légende de Constantin 1er, dit « le Grand » 4 03 2007 - 02:09 - Monica
Cet article ne saurait brosser un tableau exhaustif de la vie de cet empereur romain, auréolé par l’Eglise ! Qui n’a vu au cinéma, ce païen romain, s’incliner, touché par la grâce, devant une croix scintillante, jaillie des cieux, et n’a gardé de cette vision sublime un goût pour le merveilleux ? Mais, derrière ces images de légende, se profile une toute autre histoire, celle-là, pleine de crimes et de trahisons, sur laquelle la tradition chrétienne a jeté un voile pudique. La vérité historique, c’est vrai, est moins belle. Doit-on en conclure qu’il y a une vertu pour l’homme tout court, qui ne peut s’appliquer à l’homme politique ?
Un grand criminel « S’il agit d’abord, en grand prince, il finit en voleur public….Avant de terminer sa vie en voluptueux efféminé et prodigue. Il avait un beau-père : il l’obligea à se pendre ! Il avait un beau-fils : il le fit étrangler ! Il avait un neveu de 12 ans : il le fit égorger ! Il avait encore un fils, (Crispus) : il lui fit couper la tête ! Il avait enfin une femme,(Fausta) : il la fit étouffer. » Quel palmarès, pour un homme, que l’Eglise met tout en haut de l’affiche ! Vous pensez que j’exagère ? Que j’interprète ? Ces quelques lignes ne sont pas de votre Monica, mais… de Voltaire. Si j’ai choisi de vous les servir en hors d’œuvre, pour découvrir ce personnage, que l’Eglise a fait “Grand,” parmi les grands de ce monde, c’est pour vous mettre en appétit ! Bref, vous l’aurez probablement déjà compris, ce Grand là n’eut de chrétien, (au sens où Jésus l’aurait entendu,) que le nom ! Ce qui n’empêcha nullement l’Eglise d’en faire un grand homme, et presque un saint, en récompense des insignes services qu’il lui rendit. Le Premier des Grands convertis Une religion avance avec la conquête des âmes du peuple, mais elle ne gagne ses lettres de noblesse, et surtout le pouvoir et la gloire, qu’avec la conversion des grands de ce monde. Que dire alors de celle, même politique, d’un Empereur ? Surtout, lorsqu’il s’agit d’un empereur romain !
Né en 274, en Dardanie, Caius Flavius Valerius Aurelius Constantinus, plus connu sous le nom de « Constantin », (empereur de Rome, de 306 à 337), est passé à la postérité pour sa conversion au christianisme, alors qu’il était adepte initié au culte de Mithra (Dieu de la Lumière Céleste) et le resta secrètement, jusqu’à sa mort.
Un bâtisseur et fin stratège Mais les grands hommes d’Etat qui ont fait l’histoire, et ont légué leur nom à la postérité, n’ont jamais eu besoin d’avoir été des modèles de vertu, pour entrer dans la légende dorée des siècles. Non, puisque seule compte, justement, leur légende ! Que la conversion de Constantin, (d’un point de vue subjectif), ait été sincère, ou soit le fruit réfléchi d’un choix politique, n’a aucune importance. Puisque, seul compte pour l’Eglise, le résultat. Alors, qu’importe, si le peuple de son temps, qui haïssait copieusement cet empereur pour sa cruauté, ne fut pas touché par cette conversion tissée de stratégie politique ? Un père fondateur de l’Eglise A son actif cependant, retenons, sept ans avant sa mort, la fondation, en 330, de la ville de Constantinople. Emporté par une maladie mortelle, Constantin reçut le baptême et mourut après une vie jalonnée de crimes. Mais la valeur historique n’a que faire de ce genre de détails.
Un rien soupe-au-lait ! Il n’est cependant pas inintéressant de constater, que pour l’Eglise au grand cœur, (l’Eglise grecque en a fait un saint !), ses crimes de sang froid, aussi effroyables qu’ils furent, ne comptèrent que pour des peccadilles, des erreurs de jeunesse, moments d’égarement, ou simples mouvements de colère. Des caprices, en somme. Suivez son exemple, pour voir ce que dira votre curé. Cependant, halte ! Attendez d’être puissant, et d’entrer dans l’histoire par la grande porte, sinon, les choses pourraient mal tourner pour vous. Un donateur, qu’il convient de remercier Il est vrai, pour la défense de notre grand homme, que l’Etat Pontifical reposerait sur une donation d’une terre romaine, Alors, évidemment, il ne s’agit pas de se montrer trop regardant sur la vie de ce généreux donateur ! Même si certains auteurs proposent de relativiser ses crimes, en décrivant l’environnement social de son époque, « comme une société d’oppression, où les droits des citoyens étaient foulés au pied, et où régnaient en maîtres absolus l’orgueil, l’ambition, l’intrigue, la courtisanerie, les richesses et la puissance, et où s’éteignait la fraternité ! » (Nous dit un certain F. Huet) !
La croix, qui change l’issue de la bataille Païen, Constantin vénérait un ancien dieu védique, Mitra, dieu de la lumière céleste. Un culte solaire qui avait de nombreux sanctuaires, dont l’un repose justement sous le siège du Vatican. La légende du Grand Homme raconte qu’en 312, à la veille d’une bataille contre Maxence, lors de son entrée dans Rome, l’empereur eut une vision, et vit briller dans le ciel du crépuscule, une grande et magnifique croix lumineuse, sous laquelle était écrit en toutes lettres, bien lisibles : « Triomphe par ceci ! » Et… il vainquit ! La liberté de conscience, pour les chrétiens Après ce jour de victoire à marquer d’une pierre blanche, le signe de ralliement des batailles, peint sur les boucliers et les étendards, sera donc désormais la croix, et non plus, le soleil. Mais plus important : permission fut dorénavant donnée à tout citoyen romain, de pratiquer ouvertement le christianisme dans l’empire, au même titre que toute autre religion !
Un tournant décisif pour la nouvelle religion Dès lors, Constantin reconnaît la liberté des cultes, (mais, nuance, ne proclame pas encore pour autant, le christianisme religion d’Etat !) D’autant, qu’il est toujours, en tant qu’empereur, considéré comme un dieu, intermédiaire divin entre les forces de la nature et les hommes. A cette époque, le 25 décembre était d’ailleurs la fête du « Natalis invictus, » autrement dit, du Soleil Invaincu. Un jour crucial, où les ténèbres semblent l’emporter sur la lumière, où l’astre fait mine de quitter la terre des hommes, pour s’enfoncer dans une nuit sans fond et renaître le lendemain matin, triomphant, rond, brillant, jeune à nouveau, et déjà plein de chaleur, à la date du solstice d’hiver ! Un fin stratège, et politique averti La vérité vraie est que Constantin n’était pas seulement un chef de guerre, mais surtout, un politique opportuniste, qui sut se servir intelligemment de la nouvelle religion chrétienne, laquelle prenait de l’ampleur. L’utiliser à des fins politiques, était une excellente stratégie. Que la nouvelle religion ensuite, s’appuyât sur sa fameuse conversion pour s’imposer, et conquérir tout l’empire, (dont la Gaule et les îles de Grande Bretagne, plus l’Italie et l’Afrique, après sa victoire sur Maxence, en 312), n’est qu’un juste retour des choses, n’est ce pas ? Proclamer que la croix lui permit d’entrer dans Rome en vainqueur, ne mangeait pas de pain, et faisait plaisir à une communauté déjà influente, avide de voir son Dieu faire des miracles. La croix lui permettait de consolider son trône ? Tant mieux, alors alllons, pour la croix ! Mais les querelles religieuses, hélas, ne disparurent pas pour autant. Quelques points à retenir, pour la petite histoire Oublions donc ses nombreux crimes qui n’intéressent personne, (dont, notamment, le meurtre de Licinus, son compétiteur au trône, à qui il avait promis la vie sauve !) Retenons seulement que c’est lui qui sanctifia le dimanche, et l’imposa comme jour de repos hebdomadaire. Qu’il dota généreusement les temples chrétiens, lança la construction de Saint-Pierre-de-Rome, et fit édifier l’Eglise des Saints-Apôtres, à Constantinople. Et que c’est aussi à cette époque, que commença le commerce des reliques, sous l’impulsion d’Hélène, la mère zélée de Constantin, qui entreprit des fouilles, pour retrouver la croix du supplice du Christ. Celle-ci, authentifiée comme il se doit par un miracle, fut couchée dans une chasse d’argent, et devint signe d’honneur et de gloire. La croix, symbole chrétien, devient signe de ralliement C’est depuis ce temps, qu’elle s’imposa sur les façades et toits des églises, au croisement des chemins, sur les étendards des rois, et les couronnes des empereurs, sans parler, aujourd’hui, des vitrines des bijouteries. Une longue histoire l’attendait.
Cela, Constantin ne pouvait le deviner, ni que sa vision céleste laverait plus blanc que blanc : faisant de lui, et pour l’éternité, un saint homme, à l’âme pieuse et pure ! Dieu ait son âme.
Monica, le 4 03 2007 - 02:09 |
Une religion avance avec la conquête des âmes du peuple, mais elle ne gagne ses lettres de noblesse, et surtout le pouvoir et la gloire, qu’avec la conversion des grands de ce monde. Que dire alors de celle, même politique, d’un Empereur ? Surtout, lorsqu’il s’agit d’un empereur romain !
Né en 274, en Dardanie, Caius Flavius Valerius Aurelius Constantinus, plus connu sous le nom de « Constantin », (empereur de Rome, de 306 à 337), est passé à la postérité pour sa conversion au christianisme, alors qu’il était adepte initié au culte de Mithra (Dieu de la Lumière Céleste) et le resta secrètement, jusqu’à sa mort.
A son actif cependant, retenons, sept ans avant sa mort, la fondation, en 330, de la ville de Constantinople. Emporté par une maladie mortelle, Constantin reçut le baptême et mourut après une vie jalonnée de crimes. Mais la valeur historique n’a que faire de ce genre de détails.
(aujourd’hui, le Vatican), que cet empereur aurait léguée au pape Sylvestre, pape que l’église a sanctifié depuis ! En 321, raconte la légende, (contestée par l’histoire), Constantin, aurait permis à la paroisse de Rome, de recevoir des dons, et la jouissance de terres, situées sur son territoire. Charlemagne augmenta cette donation faite au Saint siège (en fait),par Pépin-le-Bref, ce qui lui valut l’appellation de Nouveau Constantin !
Après ce jour de victoire à marquer d’une pierre blanche, le signe de ralliement des batailles, peint sur les boucliers et les étendards, sera donc désormais la croix, et non plus, le soleil. Mais plus important : permission fut dorénavant donnée à tout citoyen romain, de pratiquer ouvertement le christianisme dans l’empire, au même titre que toute autre religion !



C’est depuis ce temps, qu’elle s’imposa sur les façades et toits des églises, au croisement des chemins, sur les étendards des rois, et les couronnes des empereurs, sans parler, aujourd’hui, des vitrines des bijouteries. Une longue histoire l’attendait.
Cela, Constantin ne pouvait le deviner, ni que sa vision céleste laverait plus blanc que blanc : faisant de lui, et pour l’éternité, un saint homme, à l’âme pieuse et pure ! Dieu ait son âme.



J’apprécie votre franchise mais j’aimerais plus d détail sur le symbole de la croix. Pourquoi la croix, car la vision de Constantin n’était pas une croix mais les 2 lettres qui symbolisent le Christ. Par ailleurs sa mère a été faie sainte pour l’Eglise orthodoxe et je me demande bien pourquoi. Je vous remercie de votre contribution à la vérité.
andré, 15.02.2008 01:29