HistoireMort de la civilisation gallo-romaine 8 04 2007 - 01:11 - Monica
La Gaule gallo-romaine fut riche et prospère. Il y avait même à Auxerre un joli petit temple romain, dont il ne reste malheureusement pas trace. Qui eût pu se douter, à voir son artisanat dynamique, ses intenses échanges commerciaux, sa prospérité, qu’en un siècle, tout allait s’effondrer, pour laisser place à 700 ans d’obscurantisme et de barbarie ? Pour en savoir plus sur cette période charnière, où tout bascule vers le néant, lisez la suite de cet article qui vous montrera combien les civilisations sont fragiles ! Après 2 siècles de paix, la Gaule dite “gallo-romaine”, dont le sort était étroitement lié à Rome, allait bientôt disparaître, corps et biens. Car, chez nous, très peu de choses de cette époque nous parviendront. En effet, au 3ème siècle après J.C., tout se gâte. Rome n’a plus la force de contenir les Barbares au delà du lime ! Ce mur qui, telle une muraille de Chine occidentale, protégeait l’empire des incursions barbares. Il suivait le cours du Rhin et du Danube, et avait été construit tout le long de la frontière germanique. Cette barrière était formée de murs, reliés entre eux par des forts, que desservaient des voies de communications empruntées par les légions. Le signe funeste de ce délabrement annoncé, fut la grande peste de 251-265, qu’accompagnèrent des incursions franques, lesquelles ne furent que les premières d’une longue série. Les Germains leur emboîtèrent le pas, et déferlèrent, puis ce fut le tour des Wisigoths et des Huns : Paris ne dut sa survie qu’au courage d’une jeune fille : Sainte Genevière, qui défendit sa cité contre Attila ! La raison de cette ruine ? Comme toujours, la cause fut économique : les Romains trop gâtés, fatigués d’une longue histoire, affaiblis par l’indolence, avaient perdu tout dynamisme créatif, tout ressor pour continuer se développer, d’autant qu’il fallait payer une armée, qui exigeait toujours plus de moyens, pour défendre un empire trop vaste ! Bref, le déficit des finances publiques s’agravait et les soldats ne touchaient plus leur solde. Pendant ce temps, l’Italie, inconsciente des enjeux, paresseusement, se reposait sur les impôts prélevés sur les territoires conquis. Mais bientôt, même ceux ci ne suffirent plus à financer les dépenses de l’Etat ! Soulèvements militaires, guerres civiles s’en suivirent, puis vint l’anarchie, qui culmina vers 260. Le chant du cygne Grâce à deux empereurs : Dioclécien (284-305), et Constantin (306-337), l’ordre romain crut un moment, parvenir à se redresser : ces deux empereurs prirent des mesures énergiques : réformes fiscales, monétaires, militaires, administratives, autorisation du christianisme, pour tenter d’intégrer des populations qui avait adhéré en secret à la nouvelle religion… Auxerre sut heureusement, résister aux invasions La solidité des murailles assura l’intégrité de la ville pendant les grandes invasions germaniques de 407. Mais la cité n’échappa pas au saccage des Huns en 451, dont les dévastations la privèrent d’évêque pendant dix ans. Les territoires passent alors sous le commandement militaire des comtes. Les évêques partageant leur activité entre les préoccupations guerrières et l’organisation de leur diocèse. Le triomphe de l’Eglise et de la nouvelle religion La période des 4e et 5 èmes siècles est marquée, à Auxerre, par la renommée de ses évêques : Saint Amatre, et surtout Saint Germain, qui fit à l’église d’Auxerre, d’importantes libéralités. La fin d’une civilisation En 476, l’empire romain n’est plus et la grande civilisation romaine trouve refuge en orient. Mais pour nos contrées, tout est fini. Les barbares, envahissent la paisible Gaule, mettent en pièce l’organisation et l’administration qui avaient jusque là prévalu, et préservé la paix et la prospérité. L’unité impériale reposait sur l’armée. Or, Rome n’avait plus assez d’argent pour payer les soldats garants de l’ordre dans des contrées lointaines ! Les invasions, depuis deux siècles, avaient sapé les fondements de l’empire, et ruiné son économie. Le naufrage de notre pays Brutalement, tout s’effondre : le respect de la propriété privée est remplacé par la loi du plus fort. Le chef guerrier barbare, défenseur du groupe et conquérant, s’arroge tous les pouvoirs. Le concept de puissance publique, détaché de la personne du « roi » n’existe plus : le chef désormais, s’identifie au territoire, et à sa mort, ses fils se partagent son fief. D’où, d’incroyables rivalités, comme on le verra à la mort du premier roi des Francs « Clovis » en 511, ou de Charlemagne, en 814. Dès lors, c’en est fait, vous le disais-je de la paix et de la sécurité, qui seules peuvent permettre le maintien d’une économie prospère ! Les siècles qui suivirent la déchéance de l’Empire romain ne connurent que dérèglements, anarchie, meurtres sanglants et rivalités guerrières. Naissance d’une abbaye A Auxerre, Clothilde (l’épouse de Clovis), substitua à l’oratoire où St Germain avait choisi de reposer, une basilique qu’elle lfit ériger et la lui dédia. Ces pieuses dispositions sont à l’origine de l’actuelle abbaye de Saint-Germain dont l’époque carolingienne consacrera plus tard la puissance et le rayonnement. L’abbaye auxerroise deviendra en effet un centre intellectuel éminent au IX eme siècle, où l’enseignement bénédictin qu’y dispensent les clercs, atteindra une grande réputation dans toute l’Europe. Pendant les trois siècles troublés qui suivent, l’église d’Auxerre et ses évêques, feront du monachisme la base de la floraison spirituelle et artistique dont, plus tard, le Moyen Age consacrera l’épanouissement. Quelques îlots de civilisation, autour des églises et abbayes Mais, entre temps, l’épiscopat auxerrois n’a pas négligé sa mission. Dès le 6eme siècle, Auxerre possédait huit églises : Saint-Germain, Saint-Pierre, (qui, reconstruites, sont parvenues jusqu’à nous ); Saint-Amatre, et Saint-Martin, dont il subsiste quelques vestiges de reconstruction ; Saint-Valérien et Saint-Julien, qui, elles, ont disparu. Le 7 eme siècle voit s’élever, hors de l’enceinte, de nouveaux monastères. Vers 634, l’évêque Pallade transfère le monastère de Saint-Julien qui s’enorgueillira, plus tard, de trois basiliques juxtaposées et de deux oratoires. Il fonde aussi Saint-Eusèbe, qu’il peuple de religieux. Vigile, son successeur, fait édifier l’église aujourd’hui disparue, de Notre-Dame-la-d’Hors (hors les murs), qu’il destine à sa sépulture. L’évêque Humbaud, au 9 ème siècle, parachèvera l’oeuvre de ses prédécesseurs, en fondant les monastères de Saint-Marien, de Saint-Père, et de Saint-Gervais des Iles. Une ville monastique L’étendue de la ville monastique coïncidait alors avec celle de la ville actuelle, telle que la délimite sa ceinture de boulevards intérieurs, (d’ailleurs installée sur les fondations des anciennes murailles.) Pour les visites des sites historiques, voir notre article sur l’époque gallo-romaine. Monica, le 8 04 2007 - 01:11 |



