HistoireLa Sibérie à Auxerre !28 02 2007 - 18:54 - Monica
Une chose est sûre, nous devons protéger notre planète, et préserver notre environnement. Maintenant, est-ce nous les hommes, qui influençons le climat, avec nos centrales nucléaires, et nos rejets dans l’atmosphère ? Là-dessus, les scientifiques sont partagés. Car, comme vous allez le découvrir dans cette affreuse histoire, des événements climatiques chaotiques, notre pays en connut dans le passé, aussi virulents et désastreux, que ceux qui font aujourd’hui, la une de nos journaux !
La Sibérie auxerroise Ainsi, notre région bourguignonne connut en 1710, après plusieurs années glaciales, un hiver sibérien, qui succéda à des chaleurs estivales caniculaires, et des déluges rappelant la fin du monde ! Au point que les géologues et historiens parlèrent d’un “petit âge de glace”... Le règne de Louis XIV s’achève pour la France de nos campagnes, dans une misère noire. A sept ans, un enfant devait gagner seul de quoi garnir son écuelle et se louait comme travailleur itinérant. Mais cette année là, les récoltes avaient été si mauvaises, que les paysans n’avaient plus de quoi nourrir une bouche supplémentaire, même pas leurs propres enfants…. Lorsque l’hiver, l’un des plus rigoureux de mémoire d’hommes, arriva chez nous…. Un hiver meurtrier Le froid, qui s’était abattu sur notre bonne ville d’Auxerre, était si intense, cette année là, que le vin avait gelé dans les caves. Les rivières du département et l’Yonne, étaient prises par les glaces et interdisaient tout transport. Même les morts attendaient des jours plus cléments, pour rejoindre leur dernière demeure, et se transformaient en gisants de glace. Les réserves de blés gelaient également dans les greniers, et cet hiver, succédant à de misérables récoltes, la famine dressait son macabre profil.
Auxerre prise par les glaces Auxerre semblait prisonnière d’un étau de froidure mortelle : les voyageurs claquant des dents, n’osaient plus s’aventurer sur les routes. Celles-ci auraient donc été désertes, si elles n’avaient vu défiler d’effrayants cortèges d’enfants affamés, en haillons, que leurs parents avaient renoncé à nourrir. C’est que dans les campagne, on n’avait plus de réserves : les garde-manger étaient vides, et même le pain manquait. La famine fut si épouvantable, qu’en un hiver, le tiers de la population succomba ! Une horde sauvage déferle rue du Pont ! Les villes comme Auxerre attiraient les enfants, qui espéraient que les bons bourgeois auraient assez de coeur pour leur faire l’aumône d’un quignon de pain. Ils déferlaient ainsi des campagnes, à moitié nus. Leur peau, bleuie par le froid, leur collait aux os, ils étaient squelettiques, et avançaient comme des fantômes, les yeux hagards, le ventre douloureux, à force de se serrer. Mais les Auxerrois craignaient pour leur survie, et chacun restait prudemment calfeutré chez soi, hésitant à partager même des miettes, avec les petits orphelins. Mortelle glissade Un jour de cet hiver terrible, en janvier 1710, rue du Pont, un cheval qui tirait une voiture, glissa sur une plaque de verglas et se cassa la jambe. Ce qui, pour un cheval, équivaut à un arrêt de mort. L’ivresse de la faim aidant, une horde d’enfants déferla alors vers l’attelage accidenté. La proie fumante Le cocher eut beau jouer de son fouet, pour disperser les petits spectres, rien n’y fit. Ceux-ci, tels des piranhas, se mirent à arracher des morceaux de viandes sanguinolents des flancs du malheureux cheval, encore palpitant de vie. Les gamins affamés, avec une violence carnassière inimaginable, dévorèrent la pauvre bête, le dépecèrent, lui arrachèrent des lambeaux de muscle, et de viscères ! Tels des démons ruisselants de sang, les petits enfants des campagnes, chassés par leurs parents, se battirent comme des chiffonniers, pour le coeur, le foie, et même les os, auxquels pendaient encore des bribes de viande. Enfin, quand il n’y eut plus rien à dévorer, la meute se dispersa, abandonnant la carcasse dépouillée sur la chaussée. Les plus âgés se réfugièrent dans le vignoble, et firent des feux avec les “pétiots” de bois qui soutiennent la vigne, pour cuire une partie de leur proie. Les plus petits, tels des bêtes sauvages, se contentèrent de dévorer leur butin sur place, réfugiés sous une porte cochère. Se dépêchant d’avaler la viande crue, avant qu’elle ne gèle, quitte à se lécher les ongles, en dernier lieu, pour ne pas perdre une goutte de sang. Bêtes sauvages Au cas où vous douteriez encore que nous sommes des fauves, cette épouvantable histoire nous rappelle, que tenaillés par la faim, nous redevenons vite des bêtes sauvages. Y compris les plus petits d’entre nous. N.B. Cette histoire est authentique. Monica, le 28 02 2007 - 18:54 |

Le froid, qui s’était abattu sur notre bonne ville d’Auxerre, était si intense, cette année là, que le vin avait gelé dans les caves. Les rivières du département et l’Yonne, étaient prises par les glaces et interdisaient tout transport. Même les morts attendaient des jours plus cléments, pour rejoindre leur dernière demeure, et se transformaient en gisants de glace. Les réserves de blés gelaient également dans les greniers, et cet hiver, succédant à de misérables récoltes, la famine dressait son macabre profil.




