HistoireQu'est-ce qui fit chuter Rome (1ère partie) ? 9 02 2007 - 17:28 - Monica
Rome a régné sur le monde pendant plusieurs siècles, et fortement influencé notre propre civilisation qui en est, à plus d’un titre, héritière. Il suffit de regarder nos bâtiments, notre architecture, nos lois, pour voir que cette influence est partout présente. Et pourtant cet empire, un jour, a commencé à décliner et s’est effondré tel un château de cartes. Pourquoi ? Dans cet article, une raison est évoquée qui va certainement vous surprendre ! Que l’on aime ou déteste ce que firent, et furent les Romains, il faut toutefois reconnaître, qu’à l’intérieur de l’empire, s’était instauré un état d’équilibre, garanti par la Pax romana. Celle-ci profitait au commerce et favorisait la prospérité du plus grand nombre. Même si tout le monde ne devenait pas automatiquement citoyen romain, et même si l’économie reposait sur l’exploitation des esclaves. (Un choix de civilisation qui choque nos cultures modernes, fortement imprégnées d’idées chrétiennes.) Un jour pourtant, Rome commença à décliner, puis disparut L’explication de ce naufrage programmé, proposé par d’éminents historiens, me semble pertinente. Mais revenons au temps de sa gloire Voilà une civilisation qui avait su se maintenir pendant des siècles, grandir, prospérer, conquérir tout le pourtour de la Méditérannée, franchir les Alpes et s’étendre à toute l’Europe, y compris les Iles britanniques, ce que même Napoléon ne réussit jamais à faire. Rome, avec beaucoup d’intelligence, avait su fondre les rites et les traditions des peuples conquis et les intégrer à leur culture, je dirais presque en douceur, pour fonder, dans ce qui sera la France de demain, une civilisation gallo-romaine prospère et pacifiée. Ce qui n’était pas si mal. Et voilà qu’en quelques siècles, tout se délite, tout s’effondre : l’armée n’a plus de subsides, plus de moyens, Rome connaît des émeutes, des coups d’état, s’englue dans une sorte de laxisme… Une torpeur lénifiante semble étouffer son dynamisme, une anémie économique la paralyse, bref, elle s’abandonne, se laisse vivre et mourir. Bien sûr, ce déclin a pris des siècles, et la chute n’est pas arrivée du jour au lendemain. Mais quelque-chose comme une maladie s’est mis à ronger son âme, au point de la faire douter de son identité, de la faire vaciller sur son socle. Une gengraine a entraîné, lentement mais sûrement, Rome vers sa chute. Quel en a été le vecteur ? Eh bien vous allez être surpris. Le socle de Rome, c’était sa culture Avant d’éclairer votre lanterne, essayons de comprendre ce qui fondait cette civilisation brillante. Quelle était sa valeur de base ? Eh bien, c’était la puissance. L’exaltation brutale, sans concession, de la puissance, partout : dans l’architecture, la littérature, les lois, la construction de la société, les jeux du cirque, l’armée, les rapports humains et sociaux ! Rome n’avait d’admiration que pour le puissant, le fort, le dominateur, et pour tout ce qui lui permettait de l’être et de le rester : la violence armée était son alpha et son omega ! Le faible, (l’enfant, la femme, le pauvre, l’esclave, le vulnérable…) n’avait pas droit de cité. La femme était mère, amante, ou prostituée. L’enfant non désiré, était assassiné sans autre forme de procès, et de nombreux charniers de bébés ont été retrouvés, notamment auprès des bordels. Point. Quant au citoyen, ce titre ne fut longtemps conféré qu’aux Romains de naissance. Ce n’est que tardivement, que la citoyenneté romaine sera accordée à certains ressortissants des pays conquis. La violence : pilier de la société, une condition sine qua non de survie ! Mais ce serait oublier que Rome n’aurait pu se développer, et devenir l’un des plus grands empires de l’histoire, sans cela. Si la violence était à ce point exaltée, si les citoyens étaient éduqués à entretenir cette rage de vaincre, avec des jeux du cirque sanglants, des gladiateurs, vedettes starisées, où le fort terrassait le faible sans pitié et sans compassion, ce n’était par hasard. Cette violence était, en fait, le pilier de la société. Pas de pitié ! Il n’y avait pas de quartier pour le vaincu méprisé, traîné enchaîné, comme Vercingérorix, à travers les rues de la capitale, et jeté aux oubliettes, où il n’avait plus qu’à pourrir dans la honte. Le vaincu ne récoltait que mépris et quolibets, le faible, idem: rien n’était plus détestable, aux yeux d’un Romain, que la faiblesse. Rien n’était davantage aux antipodes de leurs conceptions, que la compassion. La chose est sans doute choquante pour nous, mais c’est cela qui leur a permis de vaincre, de conquérir des territoires immenses, et de développer une civilisation à nulle autre pareille. Les Romains développèrent l’art sous toutes ses formes, firent fleurir une civilisation urbaine, qui connut une prospérité fantastique. Mais le plus important est qu’ils surent instaurer un état de droit. (Même si celui-ci ignorait l’égalité, à laquelle notre république est aujourd’hui tant attachée). Et cet état de droit n’était pas rien : soutenu par une puissante armée, il contribuait à protéger le citoyen, à l’intérieur des frontières de l’Empire. Certes, ses lacunes aujourd’hui, encore une fois, nous sautent aux yeux, mais cela valait mieux que la loi de la jungle. Certes, les riches étaient riches, et les pauvres, pauvres. Mais on pouvait s’en sortir en devenant commerçant, artisan, juriste, poète…Certes, régnait une terrifiante injustice sociale, notamment en ce qui concerne l’esclavage, que personne n’aurait eu l’idée de remettre en cause. (Parce qu’il représentait le socle de l’économie !) Et la charité, me direz-vous ? Eh bien, les Romains la connaissaient à travers tout un réseau de clients, qu’ils entretenaient. Mais c’était une charité intéressée. Quant à l’esclave, il vivait dans l’espoir, s’il servait bien son maître, de se voir, un jour, affranchi. Le criminel en revanche, ne pouvait espérer aucune clémence de ses juges, et les châtiments étaient exemplaires. (La croix !) Tout ceci méritait d’être rappelé, pour comprendre ce qui va suivre, et brosser le tableau de cette civilisation brillante qui, malgré ses imperfections, permit durant des siècles, à l’esprit humain de rayonner, et de connaître une heure de gloire. Le déclin, puis la chute finale Un événement considérable s’est produit un jour, en Judée. Grâce à un certain Jésus de Nazareth, crucifié sur une croix, entre deux larrons : une nouvelle religion est née. Elle prônait la foi en un seul Dieu d’amour, qui se devait d’anéantir tous ses concurrents, relégués au rang d’articles de superstition. Mais plus important encore, elle répandait des idées subversives de compassion pour les démunis, de partage, de solidarité et d’amour. Bref, elle appelait de ses voeux une société, une morale, à l’opposé des valeurs romaines. Au début, Rome ne s’est pas méfié. Les Romains n’ont pas vu le danger pour leur culture. Ils pensaient que c’était une nouvelle lubie, et comme elle se propageait chez les pauvres, cela n’avait pas d’importance. Mais la force des pauvres, c’est qu’ils sont légion. Cette nouvelle foi leur donnait une lueur d’espoir. Puis, elle les fortifia, et leur donna même des idées de résistance, voire de révolte. Ce n’est pas par hasard, si tant de nouveaux chrétiens finirent dans l’arêne. Monica, le 9 02 2007 - 17:28 |



