Le Blog de MonicaHier, c'était la fête de l'armistice...12 11 2008 - 11:13 - Monica
Hier, on a fêté l’armistice du 11 Novembre 1918, signé à Rethondes, à 5 h du matin. Un ami m’ a dit, “ah oui, c’est vrai, c’est fête ! Mais on fête quoi au juste ? “La fin d’une guerre, ai-je répondu !” On devrait fêter la fin de toutes les guerres, à jamais !
Ce matin là, les soldats se réjouissent : les hostilités sont finies, les fusils vont enfin se taire. Oui, mais pour combien de temps ? Pourtant, les carnages, les victimes, les douleurs de cette “der des der” furent épouvantables, 1500 jours de souffrances indicibles dans la boue des tranchées, sous une pluie de fer et d’acier répandant le sang et la mort, dans un vacarme hallucinant, évoquant les forges de l’enfer. 1 millions 375000 soldats français tués, mais presque 10 millions de morts dans le monde ! La “Der des Der” Maman me l’avait dit, entre 1918 et 1939, soit pendant toute son enfance, elle n’avait entendu que ça, dans toutes les bouches, ce devait être, la dernière ! La “der des der” ne fut pourtant qu’un sanglant épisode, puisqu’une autre guerre mondiale devait encore endeuiller le XXème siècle, vingt ans plus tard. Soit le temps de fabriquer une nouvelle fournée de chair à canon. Et depuis, partout dans le monde, presque tous les jours, on n’entend parler que de ça ! Guerre en Irak, guerre en Afghanistan, en Israël, en Palestine, en Afrique… Et pourquoi, pour le bonheur de qui ? Pour la liberté, nous dit-on ! Et partout dans le monde, entre deux conflits, on rend hommages aux disparus, glorieux soldats, qui ont donné leur sang, leur vie, leurs amours pour nous ! Sans que rien ne change. Jamais ! N’est ce pas tragique ? Toujours un excellent prétexte ! En fait, elle a bon dos, la liberté ! Au point qu’on ne peut que se rendre à l’évidence : les hommes doivent forcément aimer ça ! S’entre-tuer, se défier au combat, pour prendre le pouvoir, cela doit les faire jouir. Car sinon, pourquoi ne cherchent-ils pas d’autres moyens de régler leurs conflits ? En acceptant de se rencontrer, en dialoguant, par exemple, et en nommant des médiateurs. Mais non, il faut parler le canon, à tout prix, faire exploser des bombes, semer la terreur ! Organiser des massacres, des attentats, faire des milliers, des millions de victimes, de malheureux, de veuves et d’ orphelins, pour décourager l’adversaire. Cet autre, cet ennemi à abattre… C’est toujours l’autre le méchant, avec qui on ne peut pas s’entendre, qu’on ne peut pas voir en peinture, parce qu’il pense autrement, s’habille autrement, croit en un autre Dieu, choisit d’autres idoles, s’agenouille devant un autre hôtel, préfère un autre chef ou un autre catéchisme ! Et pour arriver à quoi, au final ? A des rivières de sang, des champs de mines qui tuent des enfants, ou les privent de jambes, jusqu’au moment où, forcément un jour, les guérilleros, les martyrs de la révolution et autres fous de guerre n’auront plus d’autre choix que de s’entendre sur une solution possible. Pour survivre, quand même ! L’intelligence serait de se rendre compte que ce rêve est impossible et que, plus tôt on y renonce, plus vite on s’apercevra que la guerre, dut-elle durer pendant des siècles, ne résoudra jamais rien. Demandez aux Palestiniens et aux Israéliens s’ils ont avancé d’un pas depuis qu’ils se déchirent ! La vérité qu’on ne veut pas voir En fait, aussi longtemps qu’ils continueront à se haïr en pure perte, ils gâcheront toutes leurs espérances de bonheur. Idem pour les Shites et Sunnites d’Irak, et pour tous ceux qui, tels des coqs de combat, n’ont qu’une seule envie se sauter dessus, pour s’étriper ! Alors qu’il suffirait d’accepter nos différences. Vaines paroles ? Dire tout cela ne sert à rien, parce qu’on le sait déjà ? Mais cher lecteur, regardez-vous dans la glace ! D’où, la nécessité de s’ouvrir, de se laisser pénétrer par d’autres possibles. Ne serait-ce pas déjà, à notre petit niveau, faire un petit pas en avant que de s’en pénétrer, pour que l’humanité apaise ses conflits ? Certainement. Mais regardez autour de vous, en vous ! Ceux qui ont la capacité de se tolérer mutuellement et de s’apprécier au delà de leurs différences, se comptent sur les doigts d’une main. A ce propos, laissez-moi vous citer une parole de Soeur Emmanuelle : “Je commençais à discerner que je n’étais pas propriétaire attitrée de la vérité totale et absolue” !” Une autre façon de dire qu’on peut toujours faire l’effort de s’ouvrir à d’autres interprétations, d’autres points de vue, et que la lumière est faite de milliers de lueurs. Alors, et si l’on renonçait à nos incantations, pour nous changer vraiment nous-même et, une bonne fois, déposer les armes ? Monica, le 12 11 2008 - 11:13 |






oui Monica, je commence mon commentaire par ta conclusion:”se changer soi-même” c’est ce qui est le plus difficile car si les intentions sont toujours(presque) bonnes, il est beaucoup plus difficile de les appliquer; mettre en actes ses paroles voilà qui demande beaucoup de persévérance: on entend toujours de belles paroles (et pas seulement au niveau du citoyen lambda) mais aussi au plus haut niveau des responsabilités…Etre tolérant, c’est à dire rester à l’écoute de l’Autre, surtout quandil n’a pas les mêmes convictions religieuses ou politiques,est un exercice particulièrement pénible à réussir; mais certains y arrivent tout de même en maîtrisant ce que j’appelle les instincts de mort; et nous voilà dans la guerre dont tu parlais; je comprends que les jeunes générations puissent ne pas savoir ce que représente le 11 novembre mais un adulte, c’est assez inconcevable et bien triste.Mon grand-père a faitVerdun, a été blessé mais s’en est sorti; comme tous les soldats, de n’importe quelle guerre, il n’en parlait pas beaucoup car comment raconter “l’indicible” justement?Et puis, j’ai eu “ma” guerre dont je te parlerai de vive voix plus tard, et l’exil , l’arrachement au pays natal: ça aussi, c’est une épreuve dont on ne se remet jamais.je m’arrête là ce soir et je t’envoie les premiers vers du poème par mail; il y en a d’autres! Amitiés Michèle
michele, 13.11.2008 17:08