MuséesLe Musée Colette, à Saint Sauveur en Puisaye...17 04 2006 - 03:00 - Monica
Le musée, (accès : autouroute A6, sortie Joigny, direction de Toucy, et Saint Sauveur),implanté dans le terroir à l’origine de l’écriture de notre célèbre Sidonie Gabrielle Colette, (1873-1954 ), s’est installé dans l’ancien château de St Sauveur, (XI e siècle), bâti sur les fondations d’une forteresse médiévale, dont il ne reste qu’un donjon, de forme ovoïde, dit Tour Sarrazine. Non loin de là, se trouve la maison familiale de Colette, de son vrai nom Sidonie, Gabrielle Colette, Un musée d’impressions, écrit à l’encre bleue... Il n’était pas facile dans cette immense batisse qui domine la ville – où Colette (1873-1954) n’a jamais vécu Mais, que faire d’autre, puisque la maison natale de l’écrivain a été vendue à un particulier ! Il fallut beaucoup de talent à Hélène Muguot pour relever le gant, et elle y a parfaitement réussi. Une fois montées les marches d’un escalier défendu par deux lions, il faut pousser une lourde porte de verre bleuté. Entrons dans l’univers de Colette On sent, dès cet instant, que l’on franchit une porte imaginaire, que l’on pénètre à l’intérieur d’un autre monde, celui d’un auteur et de son oeuvre. Tout ici est symboles, impressions, sensations… Il faut se laisser prendre au jeu de son regard si changeant, se laisser porter par lui, par cette lumière bleue, chère à Colette, et qui baigne l’atmosphère si particulière du lieu. Suivons l’auteur dans sa vie, et dans son oeuvre, pas à pas... Peu à peu, le visiteur se sent happé par une sorte de magie tout droit sortie des murs, l’impression que l’âme de l’écrivain l’accompagne…La promenade au ceur de la vie et de l’oeuvre commence au pied du grand escalier, où chaque contremarche porte le titre d’une oeuvre. Le regard de l’auteur, comme fil rouge Dès l’entrée, un vitrail au plafond représente le ciel de Puisaye aux couleurs changeantes, qui reflète le feuillage et l’eau environnante. Et puis, tout de suite, le regard de Colette épingle le visiteur, comme l’un des papillons de sa collection privée… Pris sous le charme. Ce regard, il nous suit, nous accompagne, de sa jeunesse à sa mort, tour à tour, innocent, moqueur, triste ou provocateur. Au premier palier, nouvelle émotion : on voit les mains de Colette, toutes tavelées de tâches, comme si on surprenait la marque laborieuse de l’effort qui cherche le mot juste et se trahit là, devant nos yeux, dans ces doigts qui raturent une page de Sido… Marchons dans les pas de Colette ! Au premier étage, une salle bibliographique retrace la vie de l’écrivain, au travers de 240 photos acrochées au mur, à la manière des musées du XIXe siècle. Et c’est là comme une invitation au voyage. On voit la petite fille aux nattes immenses et aux jupons flottants, puis la jeune fille au regard de velours, si pointu cependant, ce sourire qui n’appartenait qu’à elle… Le premier volet de sa vie avec Willi nous est révélé, de son vrai nom Henri Gauthier Villars, puis, la rencontre avec la Marquise de Morny, dite “Missy”, le passage sur les planches du music-hall, où l’on voit la belle jeune femme qu’elle était, se dénuder pour jouer la pantomine, attitude qui dut passer pour scandaleuse, à l’époque ! Les années passent, et c’est le mariage avec Henri de Jouvenel, qu’elle baptisera Sidy. Le baron est rédacteur du Matin, c’est un homme politique qu’elle n’hésite pas à tromper avec son propre fils de 19 ans, Bertrand ; (elle en a 50 !). On imagine les remous que cela dut provoquer à l’époque. Puis, dernier volet, son troisième mariage avec un homme de dix-neuf ans son cadet, Maurice Goudeket, son meilleur ami, disait elle de lui ! Un parfum de scandale flotte encore dans la pièce, qui n’est pas désagréable et fait frissonner. On voit Colette avec Jean Marais, plus beau que jamais, avec Cocteau, et toutes les célébrités du Tout-Paris de l’époque. C’est délicieux. Dans l’intimité de l’auteur... Puis, la promenade nous entraîne vers le salon jaune du Palais-Royal, reconstitué avec ses meubles, ses tableaux, ses reliques, sa cheminée…Emotions garanties ! Un peu plus loin, dans une vitrine, une collection de papillons, de presse-papier en verre… Et un extrait du Voyage égoïste, où l’on peut lire : “Au centre du presse papier hémisphérique en verre massif, se presse une floraison de berlingots, dont la section nette présente la figure d’une étoile, d’une rose…Le tout évoque le fond des mers, un jardin à la française, un bocal d’acidulés viennois. Son âme de cristal laisse deviner tout ce qu’il pense…Pourquoi aimons-nous ces boules de verre ? Je n’en sais rien ! Une boule de verre, cela mouille la bouche, c’est probablement un péché.” Quand la nostalgie nous envahit Un autre point fort du musée est sa chambre à coucher rose, Mais tant de choses dans ce musée étreignent le visiteur, comme la photo de Toby-Chien, ou des lettres originales, les premiers illustrés de Nam, Corbin, Jacquemin, Mathurin Meheut, ses poèmes à un chat siamois qui, gourmet qui s’ignore, détestait le sempiternel riz de sa ration quotidienne, où l’hommage à Simplette… Une chatte mariée trop tôt ! Le musée comporte encore un centre de documentation sur ordinateur et une bibliothèque de morceaux choisis, véritables gourmandises littéraires cachées au milieu de 1500 faux livres. Dans cette bibliothèque aux teintes pastel, où les livres sur les rayonnages composent une oeuvre originale, on peut entendre résonner le bruit des mots de Colette qui contredit le silence de la lecture. Le musée contient encore une librairie et un salon de thé Chez Sido, où l’on peut déguster des macarons à l’orange, trempés dans un chocolat chaud, ceux-là mêmes qu’aimait Ce musée est un espace vivant qui vous laissera en le quitant, une indéfinissable impression de nostalgie, une demeure habitée par des mots et une âme, celle de Colette, vibrante de musique, d’amour, de parfums, de plaisirs… Où tout est régal pour les sens et pour l’esprit. Musée Colette, (Photo : Sido, la maman de Colette) Visites : libres, toute l’année. www.centre-colette.com
Monica, le 17 04 2006 - 03:00 |
dont on aperçoit le toit d’ardoises pentu et le petit jardin. Une petite visite vous tente ?
– d’évoquer sa vie, de retracer le parcours de l’écrivain ; c’était même une gageure !
Les Claudine, le Blé en herbe, Gigi, l’Ingénue libertine, Histoires pour Bel-Gazou … Cinquante-deux marches qui, à chaque pas, vous entraînent un peu plus avant dans le monde de l’écrivain. Une sorte d’initiation… Ce musée est d’un genre nouveau, du jamais vu, il est en lui-même une oeuvre d’art qui vaut le déplacement ! Foi de Monica qui, évidemment, a a-do-ré !
où l’auteur, paralysée, écrivait à la fin de sa vie, depuis le fond de son lit, en s’appuyant sur un secrétaire qu’elle baptisait son radeau-lit ! On en ressort tout ému.
Colette et même acheter ses confitures, celles dont elle se souvenait, quand elle écrivait, en 1932, dans Prisons et paradis : “Menu de goûter : prenez du pain chaud, la croute seulement, trempez par larges bouchées dans l’écume des confitures de fraises, cerises…Dans l’écume de toutes les confitures, de tous les fruits de saison”...




il ne reste pas qu’”une tour du château médiéval de SS”, comme vous le dites. Ce qui reste est le château féodal en entier qui n’était fait que ce batiment avec sa haute cour et sa basse cour. Au Xème – XIIème siècle, il est très fréquent que les châteaux ne soient faits que d’une Tour (voir Fréteval par exemple)
Jacques, 28.01.2008 17:14je connais ce coin très jolie a visiter
babette, 14.02.2008 20:30 http://189817.aceboard