Poil à gratterLe désastre de l'eau20 04 2007 - 18:20 - monica
La situation est carrément catastrophique. Deux milliards d’euros investis chaque année en pure perte ! 500 millions d’Euros engloutis pour la seule Bretagne, pour en arriver à ce que la Cour de justice européenne nous menace une nouvelle fois de représailles ! Or, ce n’est pas le temps qui nous a manqué depuis 1975, où nous nous évertuons (en vain!), à redresser la situation, du moins sur le papier ! Des tarifs en progression de 2,4% /an entre 2001 et 2004, soit plus que l’inflation, (2%), un prix moyen au mètre cube avec de fortes disparités régionales, de 3 euros et des ressources de mauvaises qualité, voilà le bilan ! Pas brillant.
Un bilan à nous faire rougir de honte ! Et lorsqu’on y regarde de plus près c’est pire : 75% des rivières, et la moitié des nappes phréatiques polluées par les nitrates et les produits phytosanitaires, que les agriculteurs s’entêtent à déverser sur leurs cultures. Et ce sera pire en 2015, car la situation s’aggrave. Oui, l’avenir écologique de notre pays est sombre ! Nous, les consommateurs, qui n’avons plus qu’à payer, nous ne disons rien, ne faisons rien pour peser de tout notre poids et enrayer le processus d’empoisonnement. Au contraire, nos gouvernements successifs ont toujours encouragé l’agriculture et l’élevage intensifs, ainsi que les gros producteurs. Résultats : les dommages et la dégradation s’étendent. Quel que soit le gagnant (e) des élections, il ou elle, devra s’atteler au problème, car il y a urgence. Sur la photo, ci dessous, la magnifique retenue d’eau de EDF de Sainte Croix. Pourrons-nous encore nous baigner demain ? Les ménages ont le dos large Oui, le constat s’impose : ill s’avère que notre système national de la gestion de l’eau est tout simplement catastrophique. Quand au pollueur payeur, cela reste du beau rêve, car c’est toujours le pollué, le payeur et…lui encore, le dindon de la farce ! Lequel acquitte plus de 80% de la facture. Cherchez l’erreur. Le problème : pourquoi nous laissons-nous faire ? Pourquoi laissons-nous une agriculture intensive, dévaster nos ressources naturelles, les agriculteurs, verser dans la mer leur azote (180 000 tonnes !) ? Pourquoi acceptons-nous leur pollution organique, ou celle à base de phosphore, pour laquelle ils cotisent à hauteur de 2%, et les particuliers, qui n’y sont pour rien,...85% ! Pourquoi continuons-nous à trinquer, sans qu’aucune mesure préventive ne soit mise en place ! Ami consommateur, mobilisez-vous ! Il paraît qu’Internet est une formidable caisse de résonance : alors amis internautes, mobilisez-vous, écrivez à vos agences de bassin, chargées de piloter une politique de l’eau aussi injuste, qu’inepte et catastrophique ! Ci-contre une belle rivière à truites : pourrons-nous encore pêcher demain ?
Sachez identifier les véritables décideurs et responsables… Sachez que ce sont les comités de bassin, qui décident qui va payer les redevances à appliquer à chaque catégorie de consommateur. En apparence, le système est juste. Sauf que voilà : ces comités, comptent beaucoup plus de représentants d’ agriculteurs et d’ industriels, que de particuliers, censés être défendus…par les élus locaux. Sauf encore, que ces mêmes élus locaux, ont plus tendance à défendre les intérêts des agriculteurs, que les nôtres ! Voilà pourquoi, la politique (qui, en théorie peut tout,) sans nous, ne peut rien et surtout, ne fait rien ! Sachez que nous consommateurs, contribuons, bien plus que nous ne recevons (61,3 milliond d’‘euros de redevances, pour 41,7 millions d’aides) et subventionnons les agriculteurs. Or ce sont ces mêmes agriculteurs, (qui consomment 800 millions de mètre cube d’eau en été, quand la ressource est au plus bas), qui polluent, à raison de 87% les nappes souterraines et versent …0,5% du total des redevances. Alors que la pollution par les ménages est loin d’être la plus pénalisante. Et vos agences le savent très bien, qui dressent régulièrement un état des lieux des ressources. Pourquoi ne nous défendons-nous pas ? Parce que le Français frondeur est un individualiste qui peine à se rassembler en groupes de pression. Les ménages ne sont pas organisés en associations suffisamment puissantes, et susceptibles de faire basculer la majorité décideuse en leur faveur. Voilà pourquoi, nous sommes toujours bons à payer la facture ! Sachez aussi que les associations de consommateurs, ou de protection de l’environnement, seuls véritables représentants des usagers domestiques, ne comptent que 10% des voix des décideurs. CQFD ! Ci-contre carte de Bretagne des côtes infestées de marées vertes, induites par la pollution agricole. Croyez-vous que les vacanciers et les acteurs locaux du tourisme aient leur mot à dire ? Autrement dit, si nous nous laissons ainsi plumer, c’est bien notre faute ! Parce que nous sommes occupés ailleurs, parce que nous préférons déléguer à d’autres le soin de nous défendre. Eh bien, amis internautes, sachez que cela nous coûte très cher ! Et nous coûtera de plus en plus cher, sans parler du désastre écologique qui nous pend au nez. Qui est responsable d’un tel échec ? Nous tous, qui laissons faire ! Et puis, bien sûr, les comités de bassin et leurs instances dirigeantes, où les agriculteurs et industriels sont surreprésentés, qui votent les budgets et définissent les priorités politiques, toujours en faveur des mêmes véritables privilégiés. Remettons-nous en question ! Nous demandons à notre futur Président de la République d’être Dieu-le-Père ou la mère Noël ! De régler tous nos problèmes. Mais quel qu’il, ou qu’elle sera, il ou elle, ne sera pas un parapluie, ni un faiseur de miracles ! Nous devons nous prendre en charge, et nous exprimer. Or, les lobbies des professionnels sont bien plus puissants que nous. A qui la faute ? , le 20 04 2007 - 18:20 |

Ci-contre une belle rivière à truites : pourrons-nous encore pêcher demain ?




