Portraits

Alfred Grévin, portrait d'un Icaunais pas comme les autres...

28 02 2007 - 17:35 - monica

Notre département a donné à la nation des noms prestigieux, comme Larousse, Paul Bert, Vauban, Colette, et d’autres, plus insolites, mais non moins intéressants.
Parmi ces derniers, qui ne connaît ou n’a jamais entendu parler d’Alfred Grévin ?
Grévin ? Cela ne vous dit rien ? Vraiment…
Et si je vous dis musée ? Oui ! Le musée Grévin, ça y est, vous y êtes ! Eh bien, oui, qui l’eût cru ? C’est bien lui : notre Icaunais est bien l’un des deux fondateurs du fameux musée aux poupées de cire parisien : Alfred Grévin était en effet Tonnerrois d’origine !
A la fin de l’article, on sollicite votre aide, amis internautes ! N’hésitez à nous écrire si vous avez des infos !


Des chemins de fer aux mannequins de cire…

Ci-contre, la maison natale d’Alfred Grévin.

Le jeune Alfred Grévin, (né à Epineuil, en 1827 !), avait certes un talent précoce pour le dessin, mais rien dans sa vie ne le prédisposait à la carrière qui l’attendait.
Adolescent, il n’envisage nullement une carrière artistique, bien que ses dessins témoignent d’un don certain.
On voit que son trait de crayon a du caractère et de l’inspiration. Mais, comme son père est géomètre aux chemins de fer, lla pente du jeune Grévin est toute trouvée…Comme son paternel, il entre dans l’entreprise, alors que celle-ci construit la ligne Paris-Lyon-Marseille.

Bonjour Paris !

Mais en 1853, le jeune homme monte à Paris. Là, il rencontre des amis journalistes qui s’intéressent à ses dessins, et lui font décrocher des contrats avec des gazettes et différents journaux.
Ci contre, un dessin humoristique d’Alfred Grévin, avec la légende suivante : ” Tu dis que ton mari est jaloux… Entre nous, tu sais, il a bien quelques raisons de l’être. – Mais non, puisque ce n’est jamais avec ceux qu’il croit.”

De nouvelles perspectives

En effet, à cette époque, les journaux ne publient pas de photographies des people, comme aujourd’hui. Le public ne connaît les hommes politiques et les stars du moment, qu’à travers les caricatures qu’ils voient s’étaler à la une de leurs quotidiens. Taraudé par son âme d’artiste, Grévin se met à créer des décors et des costumes de théâtre pour l’opéra, entre autres et pour Jacques Offenbach, au point de se laisser aller à écrire lui-même, plusieurs pièces !

Sur les traces de Mme Tussaud…

Mais en 1880, une idée lumineuse germe dans la tête du journaliste Arthur Meyer, alors directeur du journal “le Gaulois”. Et si l’on imitait Marie Tussaud ?

Cette strasbourgeoise avait en effet ouvert à Londres, en 1835, un musée de cire qui remportait un franc succès. L’idée de Meyer est de modeler les visages des personnalités qui font l’actualité, pour permettre au public de voir à quoi elles ressemblent.
Meyer, pour son journal plastique, pense de suite à Alfred Grévin, qui s’était taillé une belle réputation de portraitiste, et lui propose de transposer son talent… dans la cire ! En dix-huit mois, ce sont ainsi plus de 150 figures de cire qui voient le jour, plus vraies que nature.

Ouverture du musée Grévin

Dès son ouverture, en 1832, le musée du boulevard Montmartre remporte un vif succès auprès du public, qui, ravi, peut découvrir les personnalités les plus célèbres de l’époque. Voici comment est né l’un des musées les plus courus de la capitale ! Mais savez-vous qu’Auxerre bénéficia un certain temps, dans les années cinquante, d’une succursale du musée Grévin ? Celle-ci s’était installée sur une péniche, où le public afflua par dizaines de milliers, pour voir les stars de l’actualité ! Hélas, l’antenne mobile (et flottante !) du musée fut désactivée, et les people de cire furent remisés dans les caves du musée parisien, où ils rejoignirent les collections du passé, pleines d’ex stars qui connaisent une seconde mort, dans l’oubli d’une cave

En tout cas, l’idée de rouvrir une antenne du musée Grévin à Auxerre, où l’on pourrait faire la connaissance de nos grands hommes régionaux, serait une bonne idée. Qu’en pensez-vous ?Voir à quoi ressemblaient, pêle-mêle, l’abbé Deschamps, Colette, Paul Bert, Larousse, Fourrier, le capitaine Coignet, Cadet-Roussel, Vauban, la Grande Mademoiselle, Jacques Cœur, Saint Germain, sans oublier notre ami Alfred Grévin, (à tout seigneur, tout honneur !) …attirerait certainement un nombreux public. Je lance l’idée, ça ne mange pas de pain !

Lire : la vie tumultueuse d’Alfred Grévin, par Jean Pierre Fontaine (Zélie- Paris,) Réédition revue et corrigée, parution prévue : 2007

*************

Le musée Grévin aujourd’hui

Trois cents vedettes, stars de la politique et du show-biz bien vivantes y possèdent leur double de cire, et depuis 1882, 2000 personnages ont bénéficié du savoir faire artistique d’une quinzaine d’artisans qui oeuvrent en secret dans des ateliers, à l’abri des regards.

Un club très fermé

N’entre pas à Grévin qui veut ! L’académie Grévin est seule habilitée à décider qui est digne d’entrer dans ce temple de la notoriété et qui doit encore faire ses preuves ! Le jury, présidé par Bernard Pivot comporte des journalistes et des personnalités du petit écran, comme P. Tchernia, E. Ruggiéri, C. Ockrent, L. Boyer, S. Bern, etc…

Le musée compte actuellement 137 personnages contemporains, dont 35 acteurs, 26 musiciens, chanteurs et danseurs, 22 monarques, hommes (ou femmes) politiques et personnalités religieuses, 12 sportifs, 9 écrivains, 8 humoristes et présentateurs, 8 personnages de dessin animé, 7 peintres, 5 inventeurs, etc…Sans parler des personnages historiques qui ont fait l’histoire !
Trois ou quatre mannequins nouveaux sont fabriqués tous les ans. C’est peu et c’est aussi beaucoup, car fabriquer une poupée de cire grandeur nature, représente énormément de travail : il faut sculpter le moule, habiller le mannequin, et maquiller son visage. Mais tout l’art réside dans le fait de restituer sa personnalité au double de cire !

Le prix d’un nouveau mannequin : un véritable investissement !

Et puis, un détail qui a son importance, une poupée de cire se doit d’être rentable, car il en coûte au musée la somme coquette de 40 000 Euros, pour mettre en scène le jumeau de cire d’une star en chair et en os ! Il faut, pour réaliser une tête : 6 à 8 kg de cire, 15 kg de plâtre, et 500 000 cheveux naturels, 130 litres de laque ou gel/an et 70 tubes de peinture à l’huile par an.

La fabrication

Tout commence par des séances de pose. La première rencontre entre le sculpteur et la célébrité est donc essentielle.
On va la mesurer sous toutes les coutures, prendre des photos, choisir la pose, enduire les bras et les mains de la star d’une pâte faite de silicone rose, réaliser un moulage qui se retire comme un gant , une fois sec !
Puis, à la deuxième visite, il faudra modeler le visage, en posant dessus de la terre glaise !!! (beurk !) Il ne faut pas bouger d’un pouce, et faire montre de patience, tout en restant figé, comme le double de cire qui naîtra de ce long travail.
Des moules seront ensuite modelés et de la cire pigmentée, chauffée à 250,° sera coulée à l’intérieur. Puis, il faudra l’évider, pour réaliser un moule creux.
Le démoulage a lieu le lendemain, lorsque la cire s’est refroidie. On enfonce alors, dans les orbites, des prothèses oculaires en méthracrylate, pour figurer les yeux.

Mise en beauté

Vient ensuite l’opération de maquillage, confiée à trois maquilleuses. Les lèvres sont dessinées au pinceau, les pommettes fardées, les yeux ourlés de noir ou de bleu. Les artistes reproduisent avec scrupule, tâches de naissance, cicatrice, grains de beauté…Puis, on implante les cheveux sur le crâne, à l’aide d’une aiguile, et pour une chevelure comme celle de Céline Dion, par exemple, il faut compter au moins trois semaines de travail !

L’habillage

Enfin, vient le choix de la tenue vestimentaire. Parfois, la star tient à offrir au musée l’une de ses robes ou tenues, ou la fait confectionner tout exprès. Parfois, c’est au musée qu’incombe le soin de dénicher le costume idéal.
Pour les personnages historiques, on s’inspire de tableaux ou de documents. Certains accessoires sont authentiques, comme la baignoire où Marat se fit assassiner !

Musée Grévin : 10 bd Montmartre
75009 Paris. Tel. 01 47 70 85 05
« Internet » :www.grevin.com

Avis à tous les internautes !
Et aussi à la famille Grévin !*

Un lecteur vient de nous envoyer un ravissant portrait d’une dame qui pourrait être soit l’épouse de Monsieur Alfred Grévin, ou encore sa fille.

Il s’agit d’un tableau pastel de forme ovale (60X40 cm env.), représentant une bien jolie personne d’une vingtaine d’années.
Le propriétaire est à la recherche de la photo qui correspond à ce tableau et
sollicite votre aide, pour l’identifier.
L’année écrite sur le tableau est : 1928, signé Tabart
(D’après les recherches de Laurent, Madame Grévin se prénomait Clémence ) mais il ne possède pas son nom de jeune fille et n’a donc pas de possiblité de
contacter ses héritiers.
Quelqu’un peut il éclairer la lanterne de Laurent ? Monica vous remercie chaleureusement pour lui. N’hésitez pas à nous communiquer toutes les infos qui pourraient vous sembler utiles.

, le 28 02 2007 - 17:35

2 Comments for Alfred Grévin, portrait d'un Icaunais pas comme les autres...

  1. LAURENT, 27.02.2007 10:47
  2. Jean-françois, 23.03.2008 19:57
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Parisienne, Monica a un jour, posé ses valises dans ce petit coin de Bourgogne et a appris à l’aimer. Son voeu est de vous faire partager ses coups de coeur. Longtemps journaliste, elle aime aujourd’hui recevoir en toute convivialité amis et visiteurs dans sa Maison Meublée d’Auxerre, Les Violettes où elle a ouvert trois charmantes chambres d’hôtes… Pour le plaisir de partager sa belle région avec ses visiteurs et amis de passage.


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