PortraitsPierre L - - - - - - E 6 04 2006 - 16:04 - monica
Instruire tout le monde sur toute chose. Telle était la noble ambition de cet enfant du pays de Toucy ! Aujourd’hui, c’est la terre entière qui lui rend hommage, puisque ses oeuvres ont été traduits dans 41 langues !Toucy, pour le remercier, a dressé sa statue au milieu de la grande place de la ville, et est fière de compter cet enfant du pays, parmi nos plus illustres compatriotes, qui ont su porter loin, le flambeau de la culture française. Qui est-ce ? Réponse, là tout de suite, ou presque !
Inutile de vous le laisser deviner. Rien qu’à voir ces petits chats… Mais c’est bien sûr ! Tous et toutes, vous connaissez les œuvres de cet enfant du pays de Toucy, depuis que vous savez lire. Les fanas d’histoire, les mordus d’orthographe, les cruciverbistes en ont fait leur livre de chevet. Mais, et là je m’adresse à tous mes amis lecteurs, Icaunais ou autres, vous ignorez, j’en suis sûre, qu’il est né dans notre belle Puisaye, non loin de la grande dame que fut Colette, et pour tout dire, en notre bonne ville de Toucy, que votre Monica aime tant, un 23 octobre de l’an de grâce 1817 !
Pierre adorait sa ville natale, qu’il décrivait ainsi : Toucy, coquettement assise sur les rives parfumées de l’Ouane et ombragée de jardins, occupe le centre d’une vallée délicieuse, entre Morvan et Puisaye.
Fin gourmet, à l’instar de Colette, -notre autre héroïne et écrivain régional -, il appréciait les asperges, qui poussaient admirablement, écrit-il, dans sur son sol sablonneux, fait de marne et d’argile. Quant à leur préparation, il les adorait, servies en sauce blanche, tout comme moi ! Des origines modestes Son père était forgeron, sa mère tenait une auberge, où rouliers et colporteurs racontaient des récits épiques. En une époque où films, dvd, télévision n’existaient pas encore, les paroles faisaient rêver et excitaient l’imagination des petits garçons. A la nuit tombée, les longues soirées d’hiver, Pierre, dès que l’école et Maman lui laissaient un peu de répit, filait chiper des chandelles et s’enfermait dans sa chambre, pour lire en cachette les aventures de Vendredi et Robinson Crusoe. Un élève un peu dissipé Dans la classe, c’était un élève facétieux, qui aimait faire des farces et apportait des hannetons, pour faire peur aux copains, ou pour les lancer dans d’épiques concours de course. Il écrira plus tard, au sujet des hannetons justement : que l’insecte était précieux pour les écoliers, à cause de l’affinité réciproque qui les rapproche, affinité plus évidente que toute combinaison chimique ! Mais ne vous y trompez pas, l’homme que nous vous décrivons ne fut pas un joyeux drille, son œuvre est des plus sérieuses et fera autorité dans tous les lycées ! Un instituteur raté Jeune homme, il fit ses classes à l’Ecole Normale de Versailles et revint à Toucy, comme instituteur, dans une école religieuse, où il n’est guère apprécié, puisque fort mal noté par les autorités qui, sévèrement, lui donneront la note : très mal ! Bon, se dit-il, ce n’est pas là ma vocation, et le voilà qui repart pour Paris, profiter des cours de la Sorbonne et du Collège de France. Il est particulièrement assidu aux leçons de Michelet. Méticuleux, il note tout, et rédige des fiches, par thème ou par mot. Un passionné de livres Nous le retrouvons répétiteur dans une institution du Marais. Mais il aime toujours les livres avec passion, et fonde avec un ami, en 1851, sa première librairie, sise rue Saint André des Arts. Et déjà, auteur… La même année, il publie, à compte d’auteur, (car nul ne le connaît encore, et ne lui ferait assez confiance pour l’éditer !) le premier dictionnaire de la langue française, pour les écoliers. L’ouvrage est intitulé : Lexicologie des écoles Primaires. Et c’est en 1956, qu’il publie : le Nouveau. Dictionnaire de la langue française.
Maintenant, vous avez devinez qui se cache sous ce portrait, puisque c’est évidemment, Pierre Larousse, si cher à notre coeur d’écolier ! Un beau rêve de papier
Mais le rêve de notre grand homme est de publier le Grand Larousse Universel du XIX ème siècle, où l’on trouvera, écrit-il, chacune à son ordre alaphabétique, toutes les connaissances qui enrichissent l’esprit humain. Hélas, un concurrent, Littré, lui fauche l’herbe sous le pied, et publie le premier fascicule de son Dictionnaire de la Langue Française. Or Littré va vite, très vite, puisque, lorsqu’il achève sa publication, Larousse n’en est encore qu’à la lettre E, d’un ouvrage qui comprendra quand même : 20 700 pages et 17 tomes ! Une vie trop courte Hélas, notre ami Pierre Larousse meurt jeune, à l’âge de seulement 57 ans, un 3 janvier 1875. Il ne verra donc pas la publication entière de son œuvre, qui paraîtra deux ans plus tard. Mais son Dictionnaire Encyclopédique connaîtra le succès qu’on sait. Mais un rêve devenu réalité Nous devrons à ses successeurs, et en particulier à son petit neveu, Claude Augé, de sortir, en 1905, le Petit Larousse illustré, qui donna son nom à tous les dictionnaires de France et de Navarre. Qui d’entre nous n’a jamais demandé à un ami : Tu n’as pas un petit Larousse sous la main, pour vérifier ?
Instruire tout un chacun, c’était vraiment une belle ambition. Pleinement réussie. Chapeau et Merci Monsieur Larousse ! Je sème à tous vents ! , le 6 04 2006 - 16:04 |




