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L'Yonne Que J'Aime: Quizz : qu'est ce qu'une ulve ?

Quiz

Quizz : qu'est ce qu'une ulve ?

9 08 2009 - 15:44 - Monica

Le tueur des plages sévit en Bretagne. Il agit en douce et a déjà fait plusieurs victimes, notamment un jeune homme, et même un cheval ! En juillet 2009, dans les Côtes d’Armor, à Saint Michel-en-Grève exactement. Depuis, c’est la panique… Qui est-ce ? Ou plutôt, qui est cette tueuse en série ? Indices : Elle n’a aucun état d‘âme, tue en moins de 5 minutes, et ne laisse aucune chance à sa victime…


Jusqu‘à dernièrement, on ne s‘était pas trop inquiété. Certes, on avait noté la mort suspecte de plusieurs personnes ! Mais c’est la disparition étrange d’un jeune joggeur, et celle récente, d’un cheval, en juillet 2009, dans les Côtes d’Armor, à St Michel-en- Grêve, qui a donné l’alerte.

Certes depuis déjà des décennies, on déplorait en été, l’envahissement des plages par les algues, sans que quiconque fasse la relation. Dès les beaux jours, les touristes et les habitants des rivages assistaient à des marées vertes dégageant une infecte odeur d’oeuf pourri, et ravageant les plus belles plages des côtes de Bretagne.
Le phénomène a d’ailleurs pris une telle ampleur qu’il s’est mis à chasser les touristes. La vérité est qu’aujourd’hui, toute la Bretagne, des Côtes d’Armor au Morbihan, en passant par le Finistère, est touchée par ce fléau.

Des décennies d’inaction, de j’menfoutisme et d‘égoïsme

Tout cela n‘était guère réjouissant, mais nul ne s’en inquiétait vraiment, jusqu‘à ce qu’on comprenne le phénomène ! On connaissait les coupables de cette pollution : la cupidité de l’industrie agroalimentaire et l’irresponsabilité des agriculteurs. Mais l’on ne savait pas qu’elle pouvait aussi tuer. C’et à partir de ce moment, que l’affaire a fait la une des médias.

L’historique

Il y a 60 ans, l’exode rural menace : exit la petite polyculture familiale trop peu rentable, place à la modernité, aux élevages hors sol, à la monoculture et à l’industrialisation. La Pac encourage les méthodes d’ élevage et de culture intensives, garantit des prix supérieurs à ceux du marché, permet l’importation de soja bon marché pour nourrir les porcs. Les vendeurs d’aliments pour bétail, d’engrais et de pesticides se frottent les mains. Désormais, le nitrate coule à flot ! Tout le monde s’en fout. En un demi siècle, il a empoisonné les rivières et pollué la mer dans l’indifférence générale. Vu que tout le monde croit être gagnant et la Bretagne se félicite.
En 1971, premier coup de semonce : on signale les premières marées vertes, et leur échouage estival. Les plus belles plages du littoral, là où l’eau est peu profonde, sont victimes d’un envahisseur vert qui prolifère et y dépose de 50 à 8O cm de masse végétale, gluante et pourrissante, rapidement gagnées par la putréfaction. Cela pue, c’est vilain, mais on y fait rien. Tout au plus essaie-t-on de ramasser. Jusqu’au jour où l’on commence à déplorer des morts.

Les coupables : les algues chlorophycées dévoreuses d’azote !

“Ulva armoricana” et “Ulva rotundata” ont rapidement été inculpées. Il s’agit d’organismes simples, divaguant au gré des marées, qui les éloignent de leurs ennemis brouteurs : les bigorneaux. Leurs cellules, engraissées par les nitrates assurent la photosynthèse et l’assimilation de la matière organique : résultat elles proliférent. Et plus rien ne peut arrêter la machine devenue folle. Les communes touchées (Binic, Hillion, St Michel-en-Grève, Morieux, Kervel, Concarneau et bien d’autres.. voient leurs touristes déguerpir.

Un risque mortel
Mais un jour, les scientifiques font la relation entre le tueur en série des plages et l’algue envahissante et puante ! Certes l’odeur est infecte, l‘épaisseur du matelas pourrissant couvrant le sable, peu attirante. Mais tout cela n’est qu’anecdotes à côté du vrai danger : car qui s’aventure sur la plage polluée, risque la mort… par asphyxie des promeneurs.
Il suffit d’inhaler les odeurs pestilentielles, pour tomber dans les pommes et ne pas s’en relever. Les coupables sont l’ammoniac NH3 et surtout, H2S, l’hydrogène sulfuré, qui se dégage de la croûte séchée et craquelée des d’algues. Ce gaz mortel tue en quelques minutes. Il est dû à la putréfaction en anaérobie, (sans oxygène), des végétaux.

la Bretagne bien punie
Pour avoir voulu échapper à la désertification de ses campagnes, (sans du tout y réussir: 1950 : 200 000 exploitations- aujourd’hui : 30 000 !) Espérant pouvoir gagner plus d’argent, (en réalité, le pouvoir d’achat des paysans bretons est en baisse : avant dernière place juste avant la Corse), voilà que la Bretagne est la victime d’un fléau qui n’a fait qu’engraisser les algues et les industriels de l’agroalimentaire ! ( CA : 16,5 milliards d’euros). Et, cerise sur le gâteau, maintenant, elle perd ses touristes. Bref, la fin ne justifiant jamais les (mauvais) moyens, la Bretagne commence à payer le prix de sa courte vue ! Car, hélas aujourd’hui, nul ne peut plus arrêter la machine folle, lancée il y a 6O ans !

Le remède ?
Les communes sinistrées ne pouvant plus faire fasse aux coûts exorbitants du ramassage (1,1 million d’euros), c’est maintenant aux contribuables (nous tous !) de payer la facture.
Pour la limiter, il faudrait réduire l’apport des nitraites dans le eaux. Et demander aux agriculteurs de se réformer, (25% des fermes). Dans l’idéal, ceux-ci devraient, le plus rapidement possible, modifier leurs modes de culture, réduire le maïs, les épandages de lisier, limiter les cheptels, et étendre le prairies permanentes. Mais l’Etat aura-t-il le courage de contraindre des agriculteurs au pouvoir d’achat en berne, de procéder à cette révolution agricole ?

Une autre voie pourrait être la valorisation des algues.

Elle serait autrement plus prometteuse. On pourrait utiliser les algues comme des matières premières. Le coût du ramassage serait alors pris en charge par une valorisation économique intéressante.
-La fertilisation : transformation de l’algue en compost végétal
-Les biomatériaux : déshydratation des algues, pour fabriquer des godets pour l’horticulture, ou des cartons et papiers.
-La nourriture animale : coloration des jaunes d’oeufs, adjuvant pour stimuler l’appétit des poissons.
-L‘énergie : les algues pourraient être utilisées pour fabriquer du méthane, susceptible de fournir de l‘électricité. Des bactéries pourraient dégrader l’algue et fournir du bioéthanol.
-Les phytosanitaires naturels : les algues pourraient être utilisées pour fournir des molécules susceptibles d’aider les plantes agricoles à se protéger contre leurs ravageurs.

En conclusion

Autant de pistes qui pourraient alimenter un renouveau industriel dont notre pays a grandement besoin. Plutôt que de charger encore la barque du contribuable, l’Etat devrait s’investir activement, pour favoriser l‘éclosion de nouveaux talents et le départ d’une industrialisation innovante, explorant ces nouvelles pistes.
Nous tous, y trouverions notre compte.

La mort des malheureuses victimes de l’algue tueuse, en contribuant à notre prise de conscience, pourrait avoir un sens.

Cet article a pour but de vous informer pour que, de votre côté, vous agissiez avec vos moyens et cessiez de penser que la responsabilité des choses n’appartient qu’aux autres. Prenez conscience que, tous rassemblés, nous avons une force qui peut transformer un mal en bien. Aussi terrible et épouvantable fût-il. Et il l’est, pour ceux qui ont perdu un être cher, victime de ce serial Killer !

Monica, le 9 08 2009 - 15:44

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Parisienne, Monica a un jour, posé ses valises dans ce petit coin de Bourgogne et a appris à l’aimer. Son voeu est de vous faire partager ses coups de coeur. Longtemps journaliste, elle aime aujourd’hui recevoir en toute convivialité amis et visiteurs dans sa Maison Meublée d’Auxerre, Les Violettes où elle a ouvert trois charmantes chambres d’hôtes… Pour le plaisir de partager sa belle région avec ses visiteurs et amis de passage.


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