Sites TouristiquesRenaissance au château d'Ancy-le Franc 2 09 2006 - 11:07 - monica
Faire revivre les couleurs du passé, vous emmener participer à une renaissance, encourager les meilleures initiatives de notre région et faire parler de ceux et celles qui agissent (discrètement !) pour le bien de tous, de sorte que leurs actions dans leur petit coin de patrimoine soient connues du plus grand nombre, est le sens de cet article. Allez, lors d’une balade du côté d’Ancy-le -Franc, voir ce qui se passe là-bas, cela vaut le coup !
N’y a t-il pas quelque-chose de beau, de noble, de grand, dans cette façade majestueuse, véritable quintessence de l’élégance ? Un château à nul autre pareil ! Des forteresses du sombre Moyen-Age, Ancy- le-Franc a d’ailleurs gardé une petite coquetterie : une douve aux eaux miroitantes, dans laquelle il aime à se mirer. Mais s’il a encore quelque souvenance du rude passé féodal, c’est pour mieux s’en distinguer et lui tourner résolument le dos. Regardez de plus près : vous voyez ces petites niches qui décorent la façade ? Ces travées soulignées et bien rythmées, et sur la façade principale, ces trois fenêtres inscrites dans une voûte, ces toits d’ardoises que surmontent fièrement de belles cheminées ? Tout concourt ici, à créer une distinction de manière qui fait qu’on l’aime, parce qu’il n’est à nul autre pareil. Allez voir la chambre de Diane de Poitiers ! (ci contre détail de la fresque de Pharsale restaurée).
Mais si vous passez par là, ne vous contentez pas de le regarder de l’extérieur ! Une visite s’impose et vous serez surpris. Non pas par l’effigie de Louis XIII, (ci-dessous !) qui commémore une visite que le monarque rendit au château le 30 avril 1631, De nombreuses campagnes de restaurations seront nécessaires… Ce fut une bonne idée de penser à réhabiliter ces décors et d’autres, que l’on pense issus de l’Ecole de Fontainebleau. La restauration entreprise en 2000 (et qui se poursuit,) exige patience, longueur de temps et beaucoup de savoir-faire. L’Institut National du Patrimoine est là à la tâche. La galerie de Pharsale va bénéficier des soins attentifs de restaurateurs précautionneux pendant cinq ans. Il en faudra des petites mains patientes, qui s’affairent dans les chuchotements passionnés, pour débarrasser les fresques et frises historiques des micro-organismes qui les fragilisent ! Encore quelques années de travail…et de patience ! Nous pourrons alors, comme au temps d’Antoine III de Clermont (le commanditaire du château d’Ancy-le-Franc-), admirer les décors peints du XVI e siècle, par le peintre flamand Nicolas de Hoey, en l’honneur de Diane de Poitiers, (sa belle-soeur), favorite d’Henri III. Mais on n’imagine pas les problèmes à résoudre, car parfois, des fresques, comme celles du Jugement de Pâris, ont été lourdement repeintes au XIX e siècle ! Faire renaître le décor de la Renaissance, cette fresque du XVI e sans la dégrader, et en respectant l’oeuvre, réhabiliter des couleurs fraîches et nuancées : un véritable défi que tentent de relever les actuels propriétaires : la société Paris Investir SAS. , le 2 09 2006 - 11:07 |


(ci contre détail de la fresque de Pharsale restaurée).
mais par la guerre terrible qui fait rage sur une immense fresque de…32 mètres. Cette dernière retrace les combat épiques qui opposèrent les troupes de César à celles de Pompée. Comme quoi, les siècles passent et l’humanité reste aussi fidèle à elle-même dans sa barbarie !
Sur le sol, une mosaïque de carreaux noirs et blancs aux motifs géométriques nous prépare déjà à affronter le délire sanglant qui s’impose à nous, au dessus d’une pieuse et sage boiserie. Sur un fond de camaïeu ocre, ce ne sont que chevaux peints sur enduit, écumants fous de rage, soldats nus qui s’étripent, épées brandies qui transpercent des torses, lances prêtes à écorcher vifs, casques qui roulent, corps décapités…des scènes ivres de violence, que l’on attribue à Nicollo dell’Abate !
Désinfecter, nettoyer, consolider le support à l’état préoccupant, mastiquer, réintégrer la couleur… Gageons que la galerie de Pharsale, et la chambre de Diane retrouveront alors, leurs fraîcheur d’autrefois. Mais la cure de jouvence n’est pas prête d’être terminée, tant il y a de pain sur la planche ! Peut-on imaginer qu’un papier peint, au XIX e siècle, a caché tous ces chefs d’oeuvre, les plongeant dans l’oubli ? Il faut croire qu’ils n’étaient pas au goût des propriétaires d’alors. 


