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Souterre de lumières

1 10 2006 - 19:07 - monica
La Forterre, à vingt kilomètres d’Auxerre, offre aux visiteurs ses panoramas sans ligne de rupture et ses mosaïques de cultures, dans un paysage s’étendant à l’infini. Vastes horizons, où l’on respire sans contrainte. C’est une région très caractéristique de vents et de moulins, faite de hauts-plateaux argilo-calcaires, datant du Jurassique supérieur : soit environ cent-soixante millions d’années ! Elle culmine au Moulin de Taingy, à trois-cent-quatre-vingt-huit mètres d’altitude, l’endroit habité le plus élevé du département.

Non loin de là, s’ouvrent les carrières souterraines d’Aubigny…Depuis Auxerre, prendre la N 151, direction Clamecy, à Courson-les-Carrières, prendre à droite, la direction de Druyes-les belles-fontaines.


LA CARRIERE d’Aubigny !
Une visite au centre de la terre..

Un petit effort d’imagination s’impose : c’était il y a quelques 200 millions d’années. Peut être, avons-nous vécu cette époque sous la forme d’une huître géante d’un mètre cinquante ! Toujours est-il que la Forterre de cette époque, (aujourd’hui, un haut plateau de 45 000 ha) se trouvait être un fond marin ! C’était même une mer tropicale où vivaient toutes sortes d’énormes coquillages. Pendant des dizaines de millions d’années, ces coquillages en mourant, abandonnèrent leurs coquilles sur les fonds sableux, fabriquant ainsi un phénoménal matelas de pierre de plus de 70 millions de tonnes. Oui, vous avez bien lu !

C’est ce calcaire que l’on voit aujourd’hui former la pierre de taille de nos beaux immeubles. Une pierre réputée pour sa blancheur, et exploitée en Forterre, depuis plus de 3000 ans. Il y avait jadis seize carrières souterraines dans la région, qui eurent leur heure de gloire au 19 ème siècle, à l’époque du baron Hausmann !

Un paysage qui remonte à la nuit des temps

Ces carrières ont été creusées dès la plus haute antiquité, puisque des fouilles à Jeuilly, ont permis de découvrir des sépultures anciennes et un atelier de sarcophages. Le plateau de Forterre représente en fait un gisement gigantissime de calcaire dit “oolithique”, représentant soixante-dix millions de tonnes de pierres, dont seulement un cinquième a été prélevé !

Dans le ventre de la terre !

En 1992, le Centre Culturel de l’Yonne a l’idée d’organiser sur le site d’Aubigny, dans une carrière qui n’est plus exploitée (depuis que le béton et les parpaings ont remplacé la pierre), une exposition d’art contemporain. Résultat : 10 000 visiteurs ! Ce fut l’occasion de redécouvrir la magie du lieu. Fort de ce succès, en 1993, une association se lance dans l’exploitation touristique de l’endroit et a l’idée d’y relancer l’art de la taille de la pierre.

Depuis, des ateliers pour adultes et enfants y sont organisés, ainsi que des expositions d’oeuvres de tailleurs et sculpteurs. Visites libres ou guidées.
A voir absolument ! Votre Monica vous promet une excursion inoubliable dans les entrailles de la terre, un parcours hors du temps extraordinaire et impressionnant à tous points de vue. Vous m’en direz des nouvelles.

Majesté de la pierre

On est saisi, dès l’entrée, par la majesté du lieu, la blancheur extrême de la pierre, dont la noblesse n’échappe pas au regard. Imagine-t-on un instant, que cette pierre au grain fin, d’un blanc éclatant qui se laisse si merveilleusement travailler, résulte de l’accumulation de ces millions de coquillages et minuscules squelettes d’animaux marins qui nageaient là, il y a des millions d’années, dans les eaux chaudes d’une mer tropicale ? Et que ces tonnes de pierre qui nous entourent ne sont jamais que leurs humbles restes, magnifiés par le temps ? Cela donne le vertige, n’est ce pas ?
Mais on n’est jamais qu’au début de nos surprises, car le spectacle qui attend le visiteur est de ceux qui laissent une trace indélébile dans la mémoire. On avance à pas silencieux sur un sol blanc de neige ! Tout est blanc partout, et les volumes tout autour, sont indescriptibles ! C’est géant. Des piliers titanesques soutiennent une voûte carrée découpée en damiers. On se croirait dans un temple égyptien. Mais rien d’opressant, au contraire, car l’espace autour, est grandiose.

Des lumières judicieusement placées donnent du relief au paysage. On pourrait imaginer ici un théâtre antique, là une majestueuses cathédrale, plus loin un temple aux piliers phénoménaux. Sur quinze mille mètres carré ouverts au public, le lieux est magique : hors du temps.

Au fur et à mesure de votre progression sous terre, les siècles défilent silencieusement : en quelques mètres, on les franchit sans s’en rendre compte. Le monde est là-haut, à cinquante mètres au- dessus de nos têtes ; il n’y a pas cinq minutes qu’on vient de le quitter, et l’on a déjà tout oublié de ses fureurs et de ses tourbillons. Car ici, tout est serein, immuable, figé comme pour l’éternité.

Les traces d’un labeur disparu...

On remarque sur la pierre, les traces noirâtres des lampes à huiles et plus tard, à acéthylène, que les carriers utilisaient pour s’éclairer pendant leur travail. Quelquefois, on peut apercevoir une pipistrelle dans la pénombre, une minuscule chauve souris, mais le regard est vite attiré par les lignes de trous qui marquent encore les énormes blocs non encore extraits.

Une tâche harassante… découper la pierre !

C’est la trace des outils : l’aiguille, pour creuser à bout de bras la tranche supérieure, et la lance, à l’aide desquels l’on extrayait d’énormes blocs. Rien qu’en balançant sa lance affûtée de trois mètres de long, suspendue par une chaîne à un trépied – un outil déjà inventé il y a trois mille ans- le carrier creusait des tranches dans la pierre de un mètre de profondeur et longues de deux à trois mètres. Il découpait ainsi littéralement la pierre ! Des coins de bois bien secs, encastrés dans l’une des tranches verticales, en se gonflant d’humidité, finissaient le travail : le bloc de 7,50 mètres de hauteur et pesant 15 000 kg…se détachait du “front de taille

, le 1 10 2006 - 19:07

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Parisienne, Monica a un jour, posé ses valises dans ce petit coin de Bourgogne et a appris à l’aimer. Son voeu est de vous faire partager ses coups de coeur. Longtemps journaliste, elle aime aujourd’hui recevoir en toute convivialité amis et visiteurs dans sa Maison Meublée d’Auxerre, Les Violettes où elle a ouvert trois charmantes chambres d’hôtes… Pour le plaisir de partager sa belle région avec ses visiteurs et amis de passage.


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