Vins & VignoblesHistoire du vin13 12 2006 - 21:16 - monica
Dans l’esprit de beaucoup de gens, Bourgogne est synonyme de vin. Et pour cause, puisque notre région est née, s’est développée et a prospéré sous le signe du vin ! Cependant, si la vigne pousse à l’état sauvage le vin, lui, exige l’intervention de l’homme. Il faut planter des vignes, les tailler, vendanger le raisin et assurer la vinification. Autrement dit, c’est tout une histoire que celle du vin, et elle est intimement liée à celle de la civilisation. Vous voulez en savoir plus…Découvrez d’où vient ce précieux et divin nectar ! Naissance du premier vin terrestre Le vin serait apparu…il y a 8000 ans, au Proche Orient, berceau de l’agriculture et de l’écriture. Puis, il a conquis toutes les civilisations de l’Antiquité. Depuis la nuit des temps, le vin, synonyme de civilisation, est lié au développement de l’homme et indissociable de son histoire ! Il a inspiré d’immenses chefs d’œuvre, de grands poètes, et s’est propagé sur tous les continents. Son histoire est celle des peuples, il est lié à la culture, aux échanges commerciaux et par lui, passe aussi le progrès. Au début de l’histoire ! Aussi loin que l’on remonte dans le souvenir des hommes, qu’il s’agisse de festoyer ou, simplement, de se désaltérer, on trouve le vin issu de la fermentation du jus de la vigne. Déjà, les ouvriers qui construisaient l’Arche de Noé, s’en régalaient ! *Un peu de technique*… Pourquoi ce succès ? Pour des raisons pratiques. A l’époque, on ne disposait ni de conservateurs chimiques, ni de frigos. Alors, une boisson qui se conserve (même mal !) est intéressante, car le vin se conservait mieux que la bière, issue de la fermentation de céréales. Longtemps, les hommes se sont creusé la cervelle pour découvrir la meilleure façon de le conserver le plus longtemps possible, avant qu’il ne tourne en vinaigre. Cependant, la chose n’était pas si simple et on le buvait surtout arômatisé, pour masquer son goût de piquette. On l’agrémentait même de toute sortes de produits pour en améliorer le goût ou le conserver. Les ingrédients étaient variés, on peut citer pêle-mèle : du moût, du sel ( !), du miel, mais aussi… du gypse, de la poudre de marbre, de la résine de térébinthe, de la poix (pour éviter, justement, qu’il ne tourne en vinaigre !), et bien sûr, toute une gamme d’aromates. Synonyme de plaisir Bien sûr, c’est à son goût unique que le vin doit son succès, au plaisir qu’il procure et aussi, à l’ivresse des sens à laquelle conduit une consommation trop abondante. Le vin est donc le roi des banquets ; il s’invite au chevet des malades, à la table des dieux et évidemment, à celle des rois, comme de ses plus humbles sujets. Il est aussi, (malheureusement,) de toutes les orgies qui précèdent de terribles dérives sanguinaires. Instrument de pouvoir Sans doute, à cause de sa couleur, qui fait tout de suite songer à du sang, il devint privilège des puissants, on le boit dans tous les symposium, car boire le sang de la terre, c’est évidemment sceller un pacte avec les dieux, faire alliance avec des pouvoirs suprêmes, pour mieux régner sur la terre ! On l’offre donc en libation à toutes les divinités. Le vin de la mort Même les morts s’en mêlent car à eux aussi, on sert le divin breuvage. Le vin coule donc à flots dans les temples, nécropoles, lors des processions religieuses et accompagne toutes les célébrations et cérémonies. De là, notre vin de messe, qui figure le sang du Christ ! C’est que le vin entretenait une excellente relation avec les trépassés. Partout, de l’Egypte, à la Gaule, en passant par les Grecs et les Romains, on sert à manger, et donc aussi à boire aux morts, dans de la belle vaisselle. De quoi assurer au défunt, une vie agréable pour l’éternité. Mais le vin sert également à laver ses cendres, il sert de passeport et accompagne l’âme dans son voyage post mortem. Mais il est aussi un moyen commode pour entrer en contact avec les chers disparus. On accomplit donc des libations sur leurs tombes. Le vin : la première des muses ! Dès la plus haute antiquité, il a inspiré les plus grands poètes et de nombreux mythes (comme celui de Dionysos. Descendant de l’Olympe, Dionysos est censé l’avoir apporté aux hommes, en se faisant précédé d’un joyeux cortège criant : « évohé », c’est à dire : à boire !) Déjà, instrument du machisme Très tôt interdit aux femmes, il est le plus souvent bu entre hommes et au départ, réservé à l’aristocratie. Les Romains le buvaient négligemment couché sur des litières, rangées le long d’une pièce, au centre de laquelle trônait un grand vase nommé Krater, contenant un mélange de vin et d’eau. Les convives le puisaient à l’aide de louches et le buvaient dans des vases de différentes formes (skyphos). Géographie Durant des millénaires, le vin resta l’apanage de la moitié orientale du bassin méditerranéen. Le divin nectar ne gagna nos contrées occidentales, qu’à partir du VIIIe s. avant J.C. lorsque les Grecs fondèrent leurs premières colonies, en Italie. Dyonisos fusionne alors avec un dieu local de la fécondité, et donne naissance à Bacchus. C’est avec les Etrusques, voisins des Grecs, que les femmes sont enfin tolérées aux agapes. Leur vin s’exporte par bateaux entiers, vers la Gaule et l’Espagne…Plus tard, héritiers des Grecs et des Etrusques, les Romains vont continuer à répandre le rouge élixir dans toute l’Italie, qu’ils couvrent de vignes. Dès le 3 ème siècle avant J.C. le commerce du vin est florissant, il voyage de toutes les manières : voies de terre, fluviales et maritimes. Certains navires transportent quelques 10 000 amphores de 25 litres, fermées par des bouchons de liège, cachetées par un opercule de mortier de chaux et dûment estampillées du nom du négociant. Le vin est consommé d’un bout à l’autre du monde connu. Un produit de commerce et déjà de grands crus… Parmi les meilleurs vins du premier siècle avant J.C. on distinguait le Falerne ou le Cecube, produit par un certain P. Veveius Papus, propriétaire récoltant, dont le château se trouvait dans le sud du Latium, une région d’Italie, située près du lac de Fondi, qui produisait un vin réputé. On a retrouvé au fond de la mer, les restes du naufrage de l’un de ses bateaux. Et l’on voit, à l’instar de nos modernes bouteilles, que les amphores de l’époque comportaient des inscriptions peintes (tituli picti), indiquant le vignoble d’origine, l’année de sa récolte, signalée par le nom du consul de l’année, celui du négociant et du destinataire ! Dès l’antiquité, des auteurs ont répertorié ces grands crus, pour les différencier des piquettes, consommées par la plèbe (posca). Un produit de luxe L’aristocratie romaine se devait de ne servir, dans une vaisselle d’argent, que des crus millésimés. (Les moins fortunés buvaient leur vin dans des coupelles en céramique vernies). La pièce où se déroulait le banquet était le triclinum, dont on retrouve les vestiges à Bibracte. Ornée de mosaïques et peintures, cette pièce de réception était luxueusement décorée, et s’ouvrait gracieusement sur un jardin intérieur. Le vin débarque en Gaule Au 6ème siècle avant. J.C. le vignoble est déjà répandu dans la région de Marseille (ville fondée par les Grecs). Services et vaisselle A breuvage divin, vaisselle d’exception. Si les riches romains buvaient leur vin dans une riche vaisselle d’argent et d’élégantes coupes ou vasques, celle en céramique est souvent parvenue jusqu’à nous. Soit, parce qu’on a retrouvé des services entiers dans des tombes, ou parmi les amphores qui ont coulé avec le bateau qui les transportaient. En effet, les expéditions d’amphores s’accompagnaient toujours de coupelles à boire et pièces de vaisselle, en céramique vernies noir : pots à anse, vases, cruches, plats, assiettes, couteaux, passoires, gobelets, etc… Cet article vous a plu ? Nous continuerons à vous entretenir du vin… Revenez souvent sur ce site, si le sujet vous intéresse ! , le 13 12 2006 - 21:16 |



